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10/01/2014 02:53 EST | Actualisé 11/03/2014 05:12 EDT

Charte des valeurs : la Commission scolaire English-Montréal envisage la désobéissance civile

La Commission scolaire English-Montréal (CSEM) menace de recourir à la désobéissance civile si le projet de loi 60 - sur la charte des valeurs - est adopté dans sa forme initiale. La CSEM présentera d'ailleurs un mémoire contre cette initiative du gouvernement Marois lors des audiences de la commission parlementaire à ce sujet, qui s'amorceront lundi prochain.

La vice-présidente de la CSEM, Sylvia Lo Bianco, souligne que plusieurs enseignants compétents portent des symboles religieux, que ce soit le hijab, la kippa ou le cruficix. « Ces enseignants sont formés par des institutions universitaires et suivent le curriculum du ministère de l'Éducation », explique-t-elle.

Mme Lo Bianco avance que la CSEM refusera d'appliquer la charte des valeurs si elle est adoptée. « Ça irait contre toutes nos valeurs, tout ce que l'on enseigne », plaide-t-elle. Elle estime qu'elle « ne peut pas dire à des élèves : parce que vous êtes d'une religion différente, vous n'avez pas votre place ». Mme Lo Bianco souhaite plutôt enseigner aux élèves qu'ils vivent dans une société démocratique où « l'on peut être différent et égal en même temps ».

La vice-présidente de la CESM reproche à Québec d'attiser les dissensions. « Le gouvernement Marois, depuis qu'il est en poste, fait tout ce qu'il peut pour diviser les groupes ethniques et il sème de la haine », soutient-elle. Mme Lo Bianco dénonce le projet de loi qui, selon elle, amène un débat inutile. « Pendant des années, nous n'avons eu aucun problème de vivre ensemble, mais maintenant il y a des femmes, dans des autobus, qui se font insulter et cracher dessus », soutient-elle.

La sortie de la CSEM survient le jour même de la parution d'une lettre ouverte du sociologue Gérard Bouchard, qui accuse le gouvernement de mentir aux Québécois de façon démagogique.

Une charte souhaitable dans un monde idéal, dit Louise Beaudoin

De son côté, l'ancienne ministre péquiste Louise Beaudoin souhaiterait, « dans un monde idéal », que la charte des valeurs soit adoptée dans son état actuel, mais elle se dit consciente du débat généré par le sujet.

« L'interdiction des signes religieux dans la fonction publique - parce que très franchement, c'est ce qui fait débat - [...] c'est une chose à laquelle je suis prête à discuter », a-t-elle confié vendredi à l'émission C'est pas trop tôt sur ICI Radio-Canada Première. Elle estime que l'on pourrait instaurer des « clauses grand-père ». « Est-ce que c'est faisable? Je ne le sais pas. Certains disent que c'est compliqué. »

L'ex-ministre reproche par ailleurs un manque de cohérence de la part du gouvernement dans l'application de sa laïcité, et estime qu'il faudrait que le crucifix soit retiré de l'Assemblée nationale.