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09/01/2014 09:54 EST | Actualisé 11/03/2014 05:12 EDT

Un attentat à la bombe fait au moins 21 morts en Irak

BAGDAD - Au moins 21 personnes ont perdu la vie jeudi en Irak, quand un kamikaze s'est donné la mort dans un centre de recrutement de l'armée.

L'attaque visait probablement à envoyer un message au gouvernement et aux recrues, au moment où l'armée irakienne tente de reprendre le contrôle de deux villes dont se sont emparés des militants d'Al-Qaïda.

L'explosion survient aussi alors qu'un groupe international de défense des droits de la personne dénonce les tirs apparemment aveugles de mortier dont font l'objet les populations civiles de Fallujah et Ramadi, dans la province d'Anbar.

Les combattants du groupe État islamique en Irak et au Levant se sont emparés de ces deux villes la semaine dernière, prenant notamment le contrôle de commissariats de police et de bases militaires. Ils ont libéré des prisonniers et érigé leurs propres postes de contrôle.

Les forces irakiennes appuyées par des milices sunnites progouvernementales affrontent depuis les militants et ont lancé des frappes aériennes contre leurs positions, pour tenter de leur reprendre le contrôle des villes.

Human Rights Watch a indiqué jeudi que les forces irakiennes semblent avoir ciblé des quartiers où rien ne permettait de croire à la présence de combattants d'Al-Qaïda.

HRW a aussi prévenu que le blocus militaire imposé aux deux villes limite l'accès des civils à la nourriture, à l'eau et au carburant, avant d'ajouter que les «méthodes illégales de combat» utilisées par toutes les parties ont provoqué des pertes civiles et d'importants dommages.

Plusieurs routes menant à Fallujah ont été bloquées par l'armée irakienne et seules les familles accompagnées d'enfants peuvent quitter la ville, mais seulement après avoir traversé «avec de grandes difficultés» les deux points de contrôle encore ouverts, selon HRW. Le groupe a ajouté que les hommes seuls sont incapables de sortir de la ville.

«Les civils sont coincés à Anbar et le gouvernement ne semble rien faire pour les aider», a dénoncé la directrice de HRW pour le Moyen-Orient, Sara Leah Whitson.

Des responsables irakiens n'ont pas été immédiatement en mesure de réagir aux allégations de Human Rights Watch.

Plus de 11 000 familles ont été chassées par les combats, selon les données de l'ONU.

L'attaque perpétrée jeudi a aussi fait 35 morts, selon un bilan confirmé par un responsable hospitalier. L'attentat n'a pas été revendiqué mais il ressemble à ceux perpétrés par État islamique en Irak et au Levant dans le passé.