NOUVELLES
09/01/2014 09:08 EST | Actualisé 11/03/2014 05:12 EDT

Tunisie : démission du premier ministre Larayedh

Le premier ministre tunisien, Ali Larayedh, a démissionné jeudi pour laisser place à un gouvernement intérimaire chargé d'expédier les affaires courantes jusqu'à des élections, dans le cadre d'un compromis passé avec l'opposition.

« Je viens juste de présenter ma démission au président », a-t-il dit à la presse. « Le président (Moncef Marzouki) nommera rapidement le nouveau premier ministre Mehdi Jomaâ et il présentera son nouveau gouvernement dans les prochains jours. »

Ari Larayedh, ancien ministre de l'Intérieur, avait été chargé en février dernier de diriger le gouvernement.

Sa démission est la conséquence d'un accord conclu entre les islamistes d'Ennahda, dont est issu le chef du gouvernement, et l'opposition laïque pour sortir la Tunisie de l'impasse
politique dans laquelle elle se trouve, trois ans après le renversement de Zine Ben Ali.

Le meurtre de deux figures de l'opposition, Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, en février et juillet 2013, a précipité la crise.

Dans le cadre d'un accord conclu en décembre, Ennahda a accepté de céder le pouvoir à un gouvernement intérimaire apolitique après l'adoption d'une nouvelle Constitution ainsi que d'un calendrier électoral, et la formation d'une commission chargée de superviser les scrutins à venir.

Cette commission, l'Instance supérieure indépendante pour les élections, a été formée mercredi soir. L'Assemblée constituante progresse, elle, dans la rédaction d'une nouvelle loi fondamentale.

Les islamistes et l'opposition laïque se sont mis d'accord en décembre pour nommer le ministre de l'Industrie, Mehdi Jomaâ, au poste de premier ministre de ce gouvernement intérimaire.

Si la crise politique semble s'estomper, les problèmes économiques s'imposeront vite au nouveau gouvernement, contraint de réduire les déficits des comptes publics dans un contexte de fort mécontentement social en raison de la hausse du coût de la vie et de la pénurie d'emplois depuis la "révolution de jasmin".

Jeudi, rapporte l'agence Tap, l'armée a tiré en l'air et la police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser une manifestation à Tataouine, dans le sud du pays.

Plusieurs centaines de manifestants se sont attaqués à des postes de police et à des locaux d'Ennahda, dit l'agence de presse, qui ne fait pas état de victimes dans l'immédiat.

Des Tunisiens protestent depuis deux jours dans plusieurs villes du pays, principalement dans le Sud, contre l'instauration de nouvelles redevances sur les véhicules.

Avant sa démission, Ari Larayedh a annoncé la suspension de ces nouvelles taxes sur les moyens de transport qui figuraient dans le projet de budget 2014.