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09/01/2014 10:41 EST | Actualisé 11/03/2014 05:12 EDT

Syrie: forte pression sur l'opposition pour participer à la conférence de paix

La Coalition de l'opposition syrienne subit de fortes pressions internationales visant à la pousser à participer à la conférence de paix du 22 janvier, mais selon plusieurs de ses membres la question provoque une réelle crise interne.

Cette pression doit se faire particulièrement sentir lors de la réunion prévue dimanche à Paris entre la Coalition et les ministres des Affaires étrangères des Amis de la Syrie, un groupe de 11 pays soutenant la rébellion contre le président Bachar al-Assad.

"Il y a des signaux clairs indiquant que la Coalition doit aller à Genève", a déclaré jeudi à l'AFP Samir Nashar, un opposant de longue date et membre de la Coalition, à propos de cette conférence de paix surnommée "Genève-2".

"Mais sur le terrain, la légitimité de la Coalition est ébranlée. L'ensemble du mouvement révolutionnaire en Syrie est contre Genève", a-t-il ajouté.

Les principaux groupes de combattants rebelles ont mis en garde les opposants politiques en exil contre toute forme de négociation avec le régime, de même que le principal bloc au sein même de la coalition, le Conseil national syrien (CNS), qui exige des garanties sur un départ du président Bachar al-Assad.

Dans ce contexte, la Coalition a repoussé sa décision au 17 janvier, cinq jours avant la conférence, qui doit s'ouvrir à Montreux (Suisse).

Lors de la dernière réunion, les divisions se sont révélées si profondes que cinq membres ont démissionné et 40 autres se sont "retirés", a expliqué M. Nashar. "Et si la Coalition décide d'aller à la conférence, il y aura encore plus de départs".

Munser Aqbiq, un conseiller à la présidence de la Coalition, a lui aussi fait état de "pressions" internationales en vue d'une participation à cette conférence qui ambitionne de réunir autour d'une même table des représentants de l'opposition et du régime pour mettre fin au bain de sang.

Selon lui, les Amis de la Syrie vont expliquer dimanche que l'opposition doit se rendre en Suisse "si nous voulons une transition, ou une instance gouvernementale de transition à laquelle Assad remettrait tout le pouvoir exécutif".

Mais le régime n'a pas fait d'efforts pour établir la confiance, a-t-il regretté. "Le régime a considérablement augmenté les violences ces dernières semaines, tuant des centaines de personnes dans des raids aériens sur Alep (nord)", a dénoncé M. Aqbiq.

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