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09/01/2014 06:47 EST | Actualisé 11/03/2014 05:12 EDT

Roumanie: visite d'un émissaire américain pour discuter de l'Etat de droit

La secrétaire d'Etat américaine adjointe Victoria Nuland se rendra en Roumanie vendredi et samedi pour discuter de l'Etat de droit un mois après une tentative controversée du Parlement de changer des dispositions cruciales pour la lutte anticorruption.

La secrétaire d'Etat adjointe aux Affaires européennes "rencontrera des responsables du gouvernement et de la société civile pour discuter des sujets bilatéraux et régionaux dont le renforcement de l'Etat de droit", précise un communiqué du Département d'Etat.

Mme Nuland qui effectue une tournée dans cinq pays européens, rencontrera le ministre des Affaires étrangères Titus Corlatean. Le Premier ministre Victor Ponta ne pourra pas s'entretenir avec elle pour des questions d'agenda, a indiqué son bureau.

La visite de Mme Nuland en Roumanie, un pays avec lequel les Etats-Unis ont un partenariat stratégique, intervient un mois après un "mardi noir" pour la lutte anticorruption.

Le mardi 11 décembre, le Parlement où la coalition de centre gauche de M. Ponta détient une majorité des deux-tiers, avait adopté par surprise une "super immunité" pour les élus et le président.

Les modifications du code pénal votées par les députés aboutissaient à "exonérer" les élus d'éventuelles poursuites pour corruption ou conflit d'intérêt, selon les magistrats.

Pour de nombreux analystes, une partie de la classe politique cherchait ainsi à se protéger d'une justice jugée de plus en plus efficace contre la corruption de haut niveau après les condamnations à de la prison ferme d'un ex-Premier ministre et d'anciens ministres.

Les parlementaires avaient également tenté d'adopter une loi accordant une grâce à certains détenus condamnés à des peines de moins de six ans de prison, qui aurait permis la libération de responsables politiques actuellement écroués pour corruption.

L'examen de cette loi a été repoussé au mois de février.

Les Etats-Unis avaient dénoncé "un éloignement des principes de transparence et de l'Etat de droit".

L'Allemagne, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne et la France avaient exprimé leur "préoccupation".

Face au tollé, M. Ponta, un social-démocrate, avait estimé que ces lois devaient être rediscutées "et présentées à la Commission européenne avant d'être adoptées".

Le président de centre droit Traian Basescu avait indiqué qu'il ne promulguerait pas ces textes en l'état.

La dernière visite en Roumanie d'un secrétaire d'Etat adjoint remonte à l'été 2012. Le prédécesseur de Mme Nuland, Philip Gordon, était venu encourager la coalition de M. Ponta à "respecter les valeurs et institutions démocratiques" alors qu'une tentative de destitution de M. Basescu avait plongé le pays dans sa pire crise politique depuis les années 1990.

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