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09/01/2014 12:23 EST | Actualisé 11/03/2014 05:12 EDT

Report d'un procès emblématique du sort des jeunes domestiques au Maroc

Le procès de l'employeur d'une domestique mineure décédée en mars 2013 des suites de graves brûlures a été reportée au 23 janvier, au terme d'une nouvelle audience jeudi à Agadir, dans le sud du Maroc.

Agée de 14 ans, Fatima est décédée après avoir été hospitalisée pour des brûlures --dont certaines au 3e degré-- au visage et aux mains.

La femme qui l'employait a été mise en examen pour "coups et blessures ayant entraîné la mort sans l'intention de la donner". Elle risque entre 10 et 20 ans de prison.

Alors qu'un projet de loi est à l'étude au Parlement afin de réglementer le travail domestique, cette affaire a été perçue comme emblématique du calvaire vécu par des dizaines de milliers de femmes parfois très jeunes dans le royaume, un fléau dénoncé par nombre d'organisations locales et internationales.

Jeudi, dans une salle d'audience comble, une douzaine d'associations ont ainsi assisté aux débats, au même titre que les parents de la victime, a constaté un journaliste de l'AFP.

Plusieurs témoins ont été appelés à la barre, ainsi que les médecins et infirmiers ayant pris en charge l'adolescente à son arrivée à l'hôpital, et des photos des brûlures ont été présentées.

Le procès a cependant été reporté en raison de l'absence du médecin traitant de l'adolescente.

L'accusée a toutefois nié être à l'origine des blessures et a assuré qu'elle ignorait l'âge de son employée.

Le code du travail marocain interdit d'exercer une activité professionnelle avant l'âge de 15 ans et requiert une autorisation jusqu'à 18 ans.

"On voit monter une mobilisation dans ce dossier. (...). Nous sommes là pour dénoncer cet acte criminel mais aussi pour faire pression sur les décideurs", a déclaré à l'AFP Omar Saadoun, un responsable de l'Institut national de solidarité avec les femmes en détresse.

"Il faut très vite aboutir à une loi pour protéger les enfants et répondre aux engagements que le Maroc a pris en ratifiant des conventions internationales", a-t-il ajouté.

Au-delà du seul projet de loi à l'étude, le rapporteur spécial de l'ONU sur la traite des êtres humains, Joy Ngozi Ezeilo, a exhorté lors d'une visite en juin à "s'attaquer aux racines du fléau, dont l'exclusion sociale, la pauvreté, les inégalités et la discrimination".

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