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09/01/2014 04:11 EST | Actualisé 11/03/2014 05:12 EDT

Le Parlement centrafricain réuni à N'Djamena pour statuer sur le sort du président Djotodia

Les membres du Parlement provisoire centrafricain étaient réunis jeudi soir à N'Djamena, après avoir été emmenés plus tôt par avion de Bangui sur ordre des dirigeants d'Afrique centrale réunis en sommet sur la crise en Centrafrique.

Les membres du Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire) patientaient dans une salle du Parlement tchadien avant la reprise des travaux du sommet de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC), suspendus le temps de les transférer dans la capitale tchadienne.

Le vote du CNT est indispensable à un changement de la Constitution provisoire de Centrafrique qui pourrait décider du départ du président Michel Djotodia, arrivé au pouvoir en mars 2013, à la tête de la coalition rebelle Séléka qui a renversé le président François Bozizé.

Les dirigeants de la CEEAC, réunis à l'initiative du chef de l'Etat tchadien, Idriss Déby Itno, ont envoyé en fin de journée un avion à Bangui pour amener dans la capitale tchadienne les 135 membres du CNT.

"Pour le moment, il n'y a pas de résultat probant" au sommet, avait expliqué à la presse le secrétaire général de la CEEAC, Allami Ahmat à la suspension des travaux.

"La consultation la plus importante portait sur les autorités de la transition. Les consultations vont se poursuivre avec les autres acteurs politiques attendus à N'Djamena (...) Nous espérons qu'il en sortira une solution crédible", a-t-il ajouté.

"Personne ne peut parler d'un changement à la place des Centrafricains. La solution ne peut venir que des Centrafricains eux-mêmes (...) Il y a un régime, ses institutions et une charte, des responsables: il appartient à ses responsables de décider du sort de leur pays", a relevé M. Ahmat.

La Charte de transition centrafricaine, qui fait office de Constitution provisoire, a été adoptée par le CNT pour donner un vernis institutionnel au régime de M. Djotodia, qui a renversé en mars le président François Bozizé. Toute modification des institutions de transition doit être sanctionnée par un vote du CNT.

"On ne sait pas de quoi il s'agit"

A Bangui, placée sous couvre-feu à 18H00 (17H00 GMT), les parlementaires avaient été pris au dépourvu. "On a eu l'information il y a juste une heure. On ne sait pas de quoi il s'agit. On a pris les contacts, on s'est regroupés pour y aller", avait expliqué à l'AFP la vice-présidente du CNT, Léa Koyassoum Doumta.

En ouvrant le sommet de la CEEAC, M. Déby a invité les participants à observer une minute de silence "face à cette tragédie vécue par les Africains en Centrafrique".

"Un seul constat doit être fait et il est amer: la RCA (République centrafricaine) subit au plus profond d'elle même les agissements de ses propres fils plongeant leur pays dans une guerre qui compromet dangereusement son avenir", avait ajouté M. Déby, en présence notamment du président centrafricain et de son Premier ministre Nicolas Tiangaye.

"Il nous faut de plus en plus des actes concrets et décisifs", avait réclamé le président tchadien avant le début des travaux à huis clos.

La première préoccupation des pays de la CEEAC, et en premier lieu du Tchad, puissant voisin tutélaire de la Centrafrique, est la paralysie totale du pouvoir de Bangui et son incapacité à rétablir l'ordre depuis des mois dans un pays livré à des violences interreligieuses.

A cet égard, "par rapport notamment à la transition politique, au fait que l'Etat est paralysé, il y a certainement des décisions à prendre et on va voir ce que nos amis africains décident (...)", avait déclaré de son côté jeudi matin le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius sur la chaîne de télévision France 2, pressé de dire si une démission de M. Djotodia faciliterait les choses.

La présidence centrafricaine a cependant démenti toute velléité de démission de M. Djotodia.

L'autre grand volet du sommet devait être le renforcement rapide de la force africaine en Centrafricaine (Misca), réclamée par la France -qui ne veut pas renforcer son dispositif Sangaris de 1.600 soldats- et l'Union africaine (UA) afin de stabiliser Bangui, puis la province.

A Bangui, les tueries à grande échelle de ces dernières semaines ont progressivement cessé et la ville a retrouvé une activité quasi-normale durant la journée. "La situation s'améliore, lentement, mais elle s'améliore", a estimé jeudi le chef de l'opération française Sangaris, le général Francisco Soriano.

bur-mc/de