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09/01/2014 08:46 EST | Actualisé 11/03/2014 05:12 EDT

Le dollar canadien poursuit sa glissade

Le dollar canadien a perdu environ 2 ¢ par rapport à la devise américaine depuis le début de l'année. Jeudi matin, il valait 92,11 ¢US, en baisse de 0,45 ¢ par rapport à la fermeture des marchés la veille, un creux depuis septembre 2009.

Déjà, depuis plusieurs mois, le huard avait faibli à cause de la baisse de la demande pour les matières premières et de la décision de la Réserve fédérale américaine de cesser progressivement son programme de rachat d'actifs.

Certaines données publiées dans les derniers jours ont contribué à cette glissade. D'abord, le déficit commercial du Canada s'est encore creusé au mois de novembre, à cause de la faiblesse des exportations. Pendant ce temps, aux États-Unis, le déficit commercial se résorbait de près de 13 %, pour atteindre son niveau le plus bas en quatre ans, ce qui est un signe positif sur l'économie américaine.

Par ailleurs, les analystes s'attendent à ce que les données sur l'emploi qui seront dévoilées demain donnent du tonus au billet vert. Les données préliminaires laissent entrevoir une forte création d'emplois au sud de la frontière, alors que l'on prédit un gain modeste de ce côté-ci de la frontière.

Enfin, il y a l'attitude du gouverneur de la Banque du Canada Stephen Poloz, qui ne se montre pas pressé d'augmenter le taux directeur, ce qui pourrait pousser la valeur du dollar à la hausse. En entrevue à CBC cette semaine, Stephen Poloz s'est plutôt dit inquiet de la faiblesse de l'inflation.

Selon les analystes de la Banque TD, le dollar devrait descendre jusqu'à 90 ¢ d'ici la fin de 2014, et encore plus en 2015. D'autres pensent qu'Il va se ressaisir l'an prochain.

Les vacances pourraient coûter plus cher

Quoi qu'il en soit, cela donne un répit aux exportateurs et à l'industrie touristique au pays, mais c'est une mauvaise nouvelle pour les voyageurs.

David McCaig, président de l'Association canadienne des agences de voyages (ACTA), a affirmé que l'affaiblissement du dollar canadien n'avait pour le moment eu que peu ou pas d'impact sur les réservations de Canadiens souhaitant passer des vacances dans le sud. Il a cependant ajouté que si la tendance se maintenait, l'histoire pourrait se répéter.

En 2009, les agences de voyages à travers le pays avaient constaté une diminution du nombre de réservations faites par les Canadiens.

Au lieu de faire leurs valises et de se diriger vers le sud ou la mer Méditerranée, plusieurs Canadiens avaient choisi de passer leurs vacances à la maison ou de voyager au pays afin de tirer le maximum de leurs dollars.

Le secteur du tourisme pourrait être témoin du même phénomène si les prix des vacances commencent à grimper en raison de la chute du dollar canadien.

Pour le moment, cependant, les agences continuent de constater une forte demande pour des vacances dans les Caraïbes, aux États-Unis et en Europe, demande accentuée par le froid sibérien qui a récemment fait grelotter la majeure partie du Canada.

« Il fait tellement froid au Canada que tout le monde veut partir », a indiqué M. McCaig, dont l'association représente 2000 agences.

Pour la plupart, les vacances sont encore affichées aux prix de l'été dernier, alors que le dollar canadien était plus vigoureux. Ces prix devraient demeurer en vigueur pendant les prochains mois, mais ils augmenteront si le huard continue de perdre des plumes.