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09/01/2014 03:15 EST | Actualisé 10/03/2014 05:12 EDT

Grippe aviaire : l'OMS enquête sur la mort d'une Albertaine de 20 ans

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a ouvert un enquête sur le cas de grippe aviaire (H5N1) à l'origine de la mort d'une Albertaine le 3 janvier, a annoncé jeudi le responsable du département Alerte et réponses aux épidémies et aux pandémies de l'OMS, Wenqing Zhang. Cette femme était âgée d'une vingtaine d'années et travaillait comme professionnelle de la santé à l'hôpital de Red Deer.

Le docteur Zhang a expliqué que l'OMS voulait dresser un portrait d'ensemble de ce cas. Les enquêteurs tenteront notamment de répondre aux questions sur les endroits visités par la victime et sur les circonstances qui pourront l'avoir exposée à une contamination par le virus de la grippe H5N1 pendant sa visite de trois semaines en Chine, en décembre.

« À l'heure actuelle, nous savons que la femme n'a pas visité de ferme de volailles ou de marché de volailles. Cela ne signifie pas nécessairement que toute exposition est exclue », a indiqué le Dr Zhang.

Les enquêteurs se pencheront également sur les contacts les plus proches de la victime pendant son séjour à Pékin et pendant son voyage de retour au Canada, afin de vérifier s'il y a eu contagion d'humain à humain.

Les autorités médicales affirment ignorer toute preuve évidente de contagion facile de la grippe aviaire entre humains, sauf en cas de contacts soutenus, par exemple, entre des patients et leurs proches ou avec le personnel médical.

Une telle éventualité est inhabituelle, fait remarquer le Dr Michael Gardan, consultant au Réseau de santé de l'Université de Toronto. « Pratiquement, tous les cas dont nous avons entendu parler depuis 1990 font état d'un contact avec la volaille. Alors, c'est très bizarre pour cette personne, si elle n'a pas visité de fermes et si elle n'a pas été en contact avec des oiseaux. J'imagine qu'il y aura beaucoup à chercher en Chine pour savoir ce qui s'est passé », souligne le Dr Gardan.

Les enquêteurs de l'OMS scruteront aussi les personnes qui ont voyagé avec la victime albertaine pour identifier les endroits qu'elles ont visités, ce qu'elles ont apporté à la maison, et si elles ont rapporté des oiseaux, et ce qu'elles ont mangé.

Le directeur du centre de vaccins et maladies infectieuses de l'Université de Saskatchewan à Saskatoon, le microbiologiste Andrew Potter, ajoute que l'enquête ciblera également la santé de la victime, son immunité et sa façon d'interagir avec les poules et les oiseaux migratoires ou leurs déchets.

Le virus de la grippe aviaire est dans la ligne de mire de l'OMS, qui a mobilisé ses experts pour analyser tout signe potentiel indiquant que ce virus de type A pourrait se transmettre facilement et rapidement entre les humains.