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09/01/2014 04:44 EST | Actualisé 10/03/2014 05:12 EDT

Feu vert d'une commission du Parlement européen pour une audition de Snowden

Une commission du Parlement européen a donné jeudi son feu vert à une audition d'Edward Snowden, le consultant à l'origine des révélations sur les écoutes massives de l'Agence nationale de sécurité américaine(NSA).

La commission des Libertés civiles a autorisé cette audition par 36 voix pour, 2 contre et 1 abstention.

Réfugié en Russie, M. Snowden ne se rendra ni à Bruxelles ni à Strasbourg, mais sera entendu via une vidéo-conférence "interactive". C'est à cette condition seulement que les parlementaires du PPE (centre droit) étaient disposés à entendre le jeune lanceur d'alerte américain.

M. Snowden pourra être interrogé par les parlementaires européens et ne bénéficiera pas d'une simple tribune, s'est félicitée l'eurodéputé PPE française, Véronique Mathieu Houillon. Toutes les conditions seront réunies pour "garantir la sécurité" de M. Snowden, qui encourt 30 ans de prison aux Etats-Unis pour violation de l'Espionnage Act et vol de documents appartenant à l'Etat, a-t-elle ajouté.

M. Snowden et ses avocats ont reçu une invitation du Parlement pour participer à cette vidéo-conférence interactive mais n'ont pas encore donné de réponse, a-t-on appris de source parlementaire. Si un accord est trouvé, l'audition, ouverte à tous les eurodéputés, pourrait se dérouler devant la commission des Libertés civiles d'ici "fin février", selon Mme Mathieu Houillon.

Prenant acte de la décision de la commission, l'eurodéputé conservateur britannique Timothy Kirkhope, hostile à une audition de M. Snowden, a estimé que l'invitation offerte au consultant américain était "hautement irresponsable" et portait atteinte à "la crédibilité du Parlement".

Invité au Parlement européen en décembre dernier à Bruxelles, un représentant du Congrès américain avait mis en garde contre les "conséquences négatives" d'une audition de M. Snowden pour les relations UE-Etats-Unis. "Ce sera très négatif pour les liens entre les Etats-Unis et l'Union européenne", avait affirmé le représentant républicain Mike Rogers, président de la Commission du renseignement de la Chambre des représentants américaine.

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