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09/01/2014 03:14 EST | Actualisé 10/03/2014 05:12 EDT

Centrafrique/transition: "certainement" des décisions à prendre au sommet de N'Djamena (Fabius)

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a affirmé jeudi que le sommet africain au Tchad sur la Centrafrique avait "certainement" à prendre des décisions face à la paralysie de l'Etat centrafricain, tout en se gardant de se prononcer sur une démission éventuelle du président de transition Michel Djotodia.

"Par rapport notamment à la transition politique, au fait que l'Etat est paralysé, il y a certainement des décisions à prendre et on va voir ce que nos amis africains décident. La France n'a pas à dicter des décisions. Nous sommes venus en appui", a déclaré M. Fabius sur la chaîne de télévision France 2, pressé de dire si une démission de Michel Djotodia faciliterait les choses.

"Les Africains vont prendre leurs décisions (...). La France sera observateur, simplement observateur" à ce sommet, a-t-il souligné.

Le sommet a été convoqué par le chef de l'Etat tchadien, Idriss Déby Itno, président en exercice de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) et dont l'armée joue un rôle majeur dans la force africaine d'interposition en Centrafrique (Misca), chargée avec la France de restaurer la paix.

Ce sommet extraordinaire n'a pas pour objet "de changer un régime, ni de changer la transition" à Bangui, a déclaré mercredi le secrétaire général de la CEEAC.

"Je ne veux pas trancher à la place des Africains, c'est clair et c'est net mais il y a sûrement des décisions à prendre pour que l'Etat reparte", a insisté jeudi M. Fabius.

Le ministre a répété qu'il n'y avait "pas de renforts prévus" aux 1.600 militaires français actuellement sur place pour stabiliser la situation. "Nous ne voulons pas être pris dans un engrenage (...) Mais il faut aussi que nous soyons appuyés par d'autres, d'abord les Africains, 6.000, et puis nous avons demandé aux Européens de nous aider", a souligné M. Fabius, avant un réunion européenne des ministres des Affaires étrangères le 20 janvier à Bruxelles.

Plusieurs options sont prévues, a-t-il précisé, citant une aide à la sécurisation de la zone de l'aéroport de Bangui, une assistance dans le domaine humanitaire et à terme la formation de l'armée centrafricaine.

La Centrafrique est plongée dans l'anarchie depuis la prise du pouvoir en mars 2013 par la Séléka, une coalition de groupes armés à majorité musulmane venus du nord du pays qui a placé Michel Djotodia à la tête de l'Etat et se heurte à des milices d'auto-défense chrétiennes.

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