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08/01/2014 11:18 EST | Actualisé 10/03/2014 05:12 EDT

Oradour-sur-Glane, village martyr de la barbarie nazie

Le village d'Oradour-sur-Glane, dans le centre de la France, théâtre en juin 1944 d'un massacre de civils pour lequel un Allemand de 88 ans vient d'être inculpé en Allemagne pour meurtre et complicité de meurtre, est l'un des symboles de la barbarie nazie.

Le 10 juin 1944, 642 personnes --dont, selon les chiffres de l'association nationale des familles de martyrs d'Oradour-sur-Glane, 247 femmes et 205 enfants de moins de 15 ans-- y ont été fusillées ou brûlées par une unité SS.

En début d'après-midi, 150 soldats de la division SS "Das Reich" qui remontaient de Toulouse vers le front de Normandie, encerclent Oradour. Prétextant un contrôle d'identité, ils rassemblent la population sur le champ de foire. Le village, qui abrite provisoirement des réfugiés, parmi lesquels une soixantaine d'Alsaciens et de Lorrains, est particulièrement animé en ce samedi.

Les SS réclament une liste d'otages, que le maire refuse de désigner, consentant seulement à se sacrifier lui-même et, au besoin, sa famille.

Les hommes sont alors emmenés dans des granges, forges et garages, abattus à la mitrailleuse puis brûlés. Cinq parviendront à s'échapper.

Parallèlement, débute le massacre des femmes et des enfants, enfermés dans l'église. Les Allemands y répandent un gaz suffocant, puis mettent le feu. Une femme survivra.

Puis le village est incendié. 10% seulement des victimes pourront être identifiées.

Ralentie dans sa progression vers le nord par les sabotages de la Résistance, la division Das Reich, commandée par le général Heinz Lammerding, s'était déjà livrée à des représailles, destinées à priver les maquisards du soutien de la population. La veille, à Tulle (Corrèze), 99 civils avaient été pendus aux balcons et aux lampadaires.

Mais la gratuité du massacre d'Oradour, qui n'avait jamais résisté à l'occupant, en fait rapidement un symbole de la barbarie nazie.

Les ruines d'Oradour sont classées monument historique en 1945. Un Centre de la mémoire a été inauguré en juillet 1999 par le président Jacques Chirac.

Le 12 janvier 1953, sept Allemands et quatorze Alsaciens (dont treize enrôlés de force dans la Wehrmacht) sont jugés par le tribunal militaire de Bordeaux, qui prononcera deux condamnations à mort, commuées par la suite, et des peines de travaux forcés.

Le 20 février de la même année, une loi votée sous la pression des élus alsaciens hostiles à l'idée que "Malgré-nous" et soldats allemands puissent être mis sur le même plan, amnistie les treize "Malgré-nous".

En signe de protestation, les représentants de l'Etat ne seront pas invités par Oradour aux commémorations du massacre pendant plus de vingt ans.

Seul un responsable allemand de la division "Das Reich" a été jugé et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en juin 1983 par le tribunal de Berlin-Est : libéré en juillet 1997 en raison de son âge, et "des regrets" exprimés pour ses actes, Heinz Barth est mort en août 2007.

doc/frd/via