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08/01/2014 05:05 EST | Actualisé 09/03/2014 05:12 EDT

Nouveau sommet jeudi de l'Afrique centrale sur la crise centrafricaine

Les pays d'Afrique centrale tiennent jeudi un nouveau sommet à N'Djamena sur la crise en Centrafrique, convoqué par le Tchad au moment où la France pousse pour une montée en puissance au plus vite de la force africaine.

A Bangui, les tueries à grande échelle de ces dernières semaines ont progressivement cessé et une partie de la ville avait retrouvé mercredi une activité quasi-normale.

Mais des exactions et des tirs sporadiques sont encore signalés presque toutes les nuits, comme de mardi à mercredi, malgré le déploiement massif des soldats français de l'opération Sangaris et de ceux de la force africaine (Misca).

Le sommet des dix pays membres de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC), pour lequel aucun ordre du jour n'a été rendu public, a été convoqué par le chef de l'Etat tchadien, Idriss Déby Itno, président en exercice de l'organisation et dont l'armée joue un rôle majeur dans la Misca.

Mis en cause par des habitants de Bangui pour son comportement et sa proximité avec les ex-rebelles de la Séléka coupables d'innombrables exactions, le contingent tchadien a malgré tout reçu un soutien très net de l'Union africaine (UA) qui "salué ses actions" le 28 décembre.

L'UA, comme la France, cherche toujours plus de troupes pour la Misca, forte actuellement d'environ 4.000 hommes. Or le Tchad, puissant voisin tutélaire de la Centrafrique, possède l'une des armées les plus aguerries de la région.

Selon une source diplomatique africaine, la convocation du sommet "n'est pas étrangère" à la tournée dans la région la semaine dernière - notamment à N'Djamena où il s'est entretenu avec le président Déby - du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

Mardi M. Le Drian a estimé que la France n'avait pas "dans l'état actuel des choses" de raisons "particulières" d'envoyer des renforts.

Renforcer la force africaine

"On appréciera la situation au début du mois de février (...) La Misca devra être absolument opérationnelle dans ces délais-là", a-t-il insisté.

"Pour l'instant, la participation française est forte: 1.600 hommes, c'est un chiffre important. La Misca (...) est aux environs de 4.000 (soldats), nous avons commencé des patrouilles mixtes et nous avons commencé la sécurisation, parties de quartiers par parties de quartiers, sur Bangui", a expliqué le ministre de la Défense.

Mais un peu plus d'un mois après le début, le 5 décembre de l'intervention française, aucune perspective politique durable de sortie de crise n'apparaît pour le moment, alors que les violences ont provoqué des déplacements massifs de population à Bangui comme en province, et engendré une crise humanitaire majeure.

Le président congolais, et médiateur africain dans la crise, Denis Sassou Nguesso, et Idriss Déby "voudraient rebattre les cartes car ça ne marche pas bien et il faut prévoir un plan B", a commenté une source diplomatique occidentale.

Le président de la transition et ex-chef rebelle Michel Djotodia, arrivé au pouvoir en mars 2013 après la prise de Bangui par les combattants de la Séléka, a fait la preuve de son impuissance sur les évènements.

Mis en cause par la communauté internationale, M. Djotodia s'est par ailleurs engagé, sous la pression de la CEEAC, à ne pas se présenter à la présidentielle supposée être organisé d'ici fin 2014/début 2015 pour mettre fin à la transition.

Les accords politiques actuels interdisent à tous ceux qui gèrent la transition d'être candidat aux futures élections. Donc tous les chefs de partis refusent de participer à la transition en cours, ce qui bloque toute tentative d'"union nationale".

Le président français François Hollande demande que des élections générales soient organisés au plus tôt, avant la fin 2014.

Depuis le renversement en mars du président François Bozizé par une coalition hétéroclite à dominante musulmane, la Séléka, dirigée par Michel Djotodia, la Centrafrique a été emportée dans une spirale de violences communautaires et interreligieuses.

Des milices chrétiennes anti-balaka s'en prennent aux populations musulmanes assimilées aux combattants de l'ex-rébellion qui ont multiplié les exactions en toute impunité pendant des mois, mettant en lumière l'incapacité des autorités de transition à régler la crise.

bur-mc/hba