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08/01/2014 04:01 EST | Actualisé 09/03/2014 05:12 EDT

Election du président de la région semi-autonome somalienne du Puntland

Les députés du Puntland ont commencé à élire mercredi sous haute protection le président de la région semi-autonome somalienne, connue pour abriter de nombreux pirates et régulièrement en proie aux attaques d'insurgés islamistes.

Selon un observateur sur place, le président sortant, Abdurahman Mohamed Farole, est arrivé en tête des deux premiers tours de vote mercredi matin, sans cependant recueillir une majorité suffisante pour encore être élu.

Un troisième tour doit donc être organisé entre lui et le candidat arrivé en deuxième position, Abdiweli Mohamed Ali, ex-Premier ministre somalien, universitaire, et dès le début perçu comme le principal rival de M. Farole.

Les députés -- 65 hommes et une femme -- ont eux-mêmes été nommés le mois derniers par un groupe de chefs locaux.

A la pointe nord-est de la Somalie, le Puntland, région pauvre, a déclaré son autonomie en 1998, sans toutefois faire sécession avec la Somalie, comme son voisin le Somaliland qui a proclamé son indépendance dès 1991.

La région, qui représente à elle seule près d'un tiers du territoire somalien, reconnaît l'autorité du gouvernement de Mogadiscio mais fonctionne avec ses propres institutions et sa propre administration. Ravagée par des années de guerre comme le reste de la Somalie, elle est aussi un repaire de pirates, qui opèrent depuis les côtes sur l'océan Indien.

Dans la perspective de l'élection, les autorités du Puntland ont renforcé la sécurité dans la capitale régionale Garowe. Des routes ont été bouclées dès mardi soir et la zone entourant le Parlement est fermée aux piétons.

Début décembre, un attentat à la voiture piégé dans le principal port du Puntland Bossasso avait fait au moins 11 morts.

Les insurgés islamistes shebab, qui jurent la perte des autorités somaliennes, opèrent notamment depuis les montagnes de Golis, au sud-ouest de Bossasso. La région échappe au contrôle aussi bien des autorités du Puntland que de Mogadiscio : elle est entre les main du chef de guerre, traficant d'armes et allié des shebab Mohamed Said Atom, sous sanctions onusiennes pour "enlèvement, piraterie et terrorisme".

Le nouveau président du Puntland sera élu pour les quatre prochaines années. Le scrutin était initialement prévu en juillet, mais avait été reporté pour raisons de sécurité.

La Somalie est déchirée par une guerre civile depuis la chute du président Siad Barre en 1991.

Selon les experts, le principal obstacle vers la paix est la lutte menée par des insurgés islamistes shebab actifs dans la région, qui ont juré la perte des autorités somaliennes.

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