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08/01/2014 11:26 EST | Actualisé 10/03/2014 05:12 EDT

De nouvelles violences font trois autres morts au Nigeria

KANO, Nigeria - Des hommes armés hurlant «Dieu est grand!» ont ouvert le feu contre les fidèles rassemblés dans une mosquée du village du puissant gouverneur de l'État de Kano, dans le nord du Nigeria, affirment des témoins. Au moins trois personnes ont été tuées.

On ne sait pas si l'attaque a été organisée par des islamistes présumés ou si elle témoigne d'une recrudescence de la violence politique à l'approche de l'élection présidentielle de l'an prochain.

Un survivant a expliqué que les assaillants ont attaqué la mosquée du village de Kwankwaso mardi soir. Le père âgé du gouverneur comptait parmi les fidèles, mais il n'a pas été blessés.

Kwankwaso se trouve à 30 kilomètres de Kano, la deuxième plus grande ville du Nigeria, et porte le même nom que le gouverneur Rabiu Musa Kwankwaso.

Le même survivant a indiqué que trois personnes sont mortes sur place et qu'une dizaine d'autres, blessées par balles, ont été transportées vers l'hôpital Malam Aminu de Kano.

Un officier de la police a confirmé un bilan de trois morts et 12 blessés.

Un proche du gouverneur, Heshimu Suleiman, a dit croire que l'attaque a été perpétrée pour punir le gouverneur Kwankwaso, qui a largué le Parti du peuple démocratique du président Goodluck Jonathan au profit de la coalition d'opposition. Le bureau du président Jonathan n'a pas immédiatement réagi à ces allégations.

M. Kwankwaso compte parmi les cinq gouverneurs qui ont abandonné le président Jonathan en novembre. Trente-sept parlementaires ont fait de même en décembre, ce qui a coûté au parti au pouvoir sa majorité au sein de la Chambre des représentants.

Les transfuges ont porté un dur coup à la formation de M. Jonathan, qui est de plus en plus divisée par son désir apparent de solliciter un autre mandat. Des politiciens ont prévenu le président, qui est au pouvoir depuis 2010, de ne pas bousculer l'alternance délicate mais informelle entre musulmans et chrétiens à la présidence. Le Nigeria compte environ autant de musulmans que de chrétiens.

Cette querelle politique éclate au moment où le Nigeria est aux prises avec une insurrection islamique dans trois États du nord-est, ce qui représente la menace la plus sérieuse des dernières décennies à la sécurité et à la cohésion du pays.

Des milliers de chrétiens et de musulmans ont été tués depuis quatre ans.