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08/01/2014 06:12 EST | Actualisé 10/03/2014 05:12 EDT

Bruxelles peine à finaliser ses nouvelles propositions sur le climat

La Commission européenne va présenter le 22 janvier de nouvelles propositions pour amplifier la réduction des émissions de gaz à effet de serre de l'UE en 2030 mais, sous la pression des Etats, les objectifs seront moins contraignants que ceux du paquet climat 2020, ont indiqué à l'AFP des sources proches de la négociation.

La commissaire au Climat, Connie Hedegaard préconise de porter de 20% à 40% l'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre en 2030, et de 20% à 30% la part des énergies renouvelables (éolien et solaire) dans le bouquet énergétique européen. Aucun nouvel objectif n'est en revanche fixé pour les économies d'énergie, fixées à 20% dans le premier paquet climat adopté en 2008.

Mais ces propositions sont très discutées au sein de l'exécutif bruxellois. Les réticences exprimées par les membres de la Commission sous la pression des Etats portent à la fois sur l'ampleur des efforts préconisés et surtout sur le caractère contraignant des objectifs, refusé par de nombreux gouvernements.

Le commissaire à l'Energie, l'Allemand Gunther Oettinger cherche ainsi à limiter à 35% l'effort de réduction des émissions de CO2 pour ménager l'industrie lourde allemande.

La chancelière Angela Merkel avait déjà imposé de nombreuses dérogations dans le paquet climat de 2008.

"Mais la bataille la plus importante est livrée sur les renouvelables", a confié à l'AFP une source proche des discussions.

La France, le Royaume-Uni et l'Espagne ne veulent pas d'objectif contraignant pour les renouvelables, car cela réduirait d'autant la part du nucléaire dans leur bouquet énergétique national, a expliqué cette source. L'Allemagne en revanche veut un objectif contraignant.

Au final, l'objectif de 30% de renouvelables ne devrait pas être contraignant mais le compromis prévoierait des mesures obligatoires, parmi lesquelles le développement des interconnexions électriques entre les pays, pour parvenir à réaliser cet objectif, a indiqué la source proche des discussions.

"La formule permet de donner la flexibilité réclamée par les pays qui ont atteint l'objectif 2020 comme le Royaume-Uni et la France, et qui veulent investir dans d'autres sources d'énergie, notamment le nucléaire et le gaz de schiste", a-t-elle expliqué.

Ces propositions devaient initialement être présentée par la Commission en novembre 2013. "Elles arrivent très tard", déplorent les délégations. La présidence du Conseil de l'UE a décidé d'annuler le sommet européen prévu les 13 et 14 février afin de donner "plus de temps aux négociateurs pour trouver un accord". Le sujet devrait être inscrit à l'ordre du jour du prochain sommet européen prévu les 20 et 21 mars si un accord a été trouvé.

L'objectif est d'arrêter la position de négociation de l'UE pour le sommet sur le Climat organisé par l'ONU le 23 septembre à New York et pour la conférence de Paris en novembre 2015.

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