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07/01/2014 07:06 EST | Actualisé 09/03/2014 05:12 EDT

Une trentaine de villageois ont été tués dans le centre du Nigéria

JOS, Nigeria - Des hommes armés ont tué au moins 30 personnes, incendié une quarantaine de maisons et volé des dizaines de têtes de bétail lundi, lors de l'attaque d'un village majoritairement chrétien du centre du Nigéria.

Cette attaque découlerait des tensions ethniques et religieuses suscitées par l'accès à la terre et à l'eau dans cette région.

Certaines victimes ont été brûlées vives, selon ce que rapportent des témoins et l'armée.

Un porte-parole militaire, le capitaine Salifu Mustapha, a indiqué que les soldats ont récupéré 15 corps, dont sept calcinés, ce qui contredit le bilan plus lourd évoqué par d'autres sources. Les responsables nigérians minimisent fréquemment le bilan de telles violences.

Un dirigeant de Miyette Allah, une association de l'ethnie fulanie, a nié que l'attaque ait été perpétrée par des bergers fulanis et a réclamé des preuves de ceux qui prétendent le contraire.

Le parlementaire Daniel Dem a soutenu que 30 personnes avaient été tuées et que de nombreuses autres avaient été blessées parce que l'attaque avait continué pendant quatre heures avant que les soldats n'arrivent sur place.

«Nous avons de la sécurité sur les lieux et si l'attaque a commencé à 8h et qu'elle a duré jusqu'à midi, je pense que quelque chose ne va pas. À quoi sert l'armée?», a-t-il demandé.

Le capitaine Mustapha affirme que les soldats ont été alertés vers 9h30 et qu'ils ont réagi rapidement face à des «dizaines d'hommes armés (...) qui incendiaient des huttes et des produits agricoles et qui attaquaient des innocents». Il a ajouté que les soldats ont appelé des renforts pour repousser les assaillants.

Les soldats sont basés dans la ville voisine de Riyom, mais plusieurs villages montagneux sont très difficiles d'accès. Riyom se trouve à environ 50 kilomètres de Jos, la capitale de l'État du Plateau.

M. Dem a rappelé qu'un chef tribal et deux leaders communautaires avaient été tués à cet endroit tout juste avant Noël, témoignant des tensions qui existent entre les bergers fulanis, qui sont musulmans, et les fermiers chrétiens sédentaires.

Un responsable local, Dongo Audu Gyang, a affirmé que des Fulanis armés ont attaqué quatre villages de la communauté shonong «à la manière de commandos». Il a dit être incapable de fournir un bilan parce que «nous sommes encore à évacuer les corps et à rechercher les survivants dans la brousse».

Une infirmière de l'hôpital chrétien de Vom a indiqué que 15 personnes blessées grièvement étaient soignées.

Un survivant a déclaré que les attaquants ont frappé après que les jeunes hommes soient partis pour les pâturages, et que les victimes sont donc principalement des personnes âgées, des femmes et des enfants.

Le mois dernier, le groupe new-yorkais de défense des droits de la personne Human Rights Watch a accusé le gouvernement nigérian de fermer les yeux sur les crimes qui sont commis dans le centre du pays, ce qui alimente le cycle de la violence en laissant aux résidants le soin de se faire justice eux-mêmes.