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07/01/2014 04:38 EST | Actualisé 09/03/2014 05:12 EDT

Soudan du Sud: Washington salue les efforts du président soudanais

La diplomatie américaine a salué mardi les efforts du président soudanais Omer el-Béchir pour résoudre le conflit au Soudan du Sud voisin, des commentaires exceptionnels de Washington à l'égard d'un dirigeant recherché par la justice internationale.

Le président Béchir a fait lundi un aller-retour à Juba, la capitale sud-soudanaise, pour plaider la cause de la paix et discuter du déploiement d'une force mixte, soudanaise et sud-soudanaise, censée protéger les champs pétroliers au Soudan du Sud.

Avant un accord de paix signé en 2005, qui avait ouvert la voix à la partition du Soudan, Khartoum et une rébellion sudiste, au pouvoir à Juba depuis l'indépendance de 2011, se sont affrontés des décennies dans une sanglante guerre civile. Des tensions demeurent entre les deux ex-ennemis, malgré de forts liens économiques, notamment dans le pétrole.

Et alors qu'un conflit ravage depuis le 15 décembre la jeune nation sud-soudanaise, le département d'Etat a relevé mardi "n'avoir aucune indication que le Soudan joue un rôle négatif dans la crise politique en cours au Soudan du Sud".

"D'après nos informations sur le terrain", a expliqué la porte-parole du ministère Jennifer Psaki, "rien ne nous indique qu'ils (les Soudanais) jouent un rôle négatif, alors qu'ils oeuvrent à des négociations de paix" entre les belligérants sud-soudanais, le président Salva Kiir et son rival, l'ancien vice-président Riek Machar.

Mme Psaki a salué la visite à Juba du président Béchir, mais s'en est toutefois tenue à son appréciation prudente du rôle du chef de l'Etat soudanais.

Ce dernier est recherché par la Cour pénale internationale pour génocide et crimes de guerre dans le conflit du Darfour, une région de l'ouest du Soudan.

Les Etats-Unis, qui maintiennent des relations diplomatiques tendues avec le Soudan, au niveau des chargés d'affaires, exhortent en général la communauté internationale à ne pas accueillir le président soudanais lorsqu'il voyage à l'étranger, notamment en Afrique.

Mme Psaki a reconnu que Washington "restait préoccupé par un éventail de choses" concernant M. Béchir.

Les Etats-Unis, parrains de l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011, ont multiplié les pressions diplomatiques depuis trois semaines sur le président et l'ex-vice-président du pays.

D'après sa porte-parole, le secrétaire d'Etat John Kerry a une nouvelle fois téléphoné lundi au président Kiir pour "lui demander de libérer immédiatement tous les détenus politiques", une référence à 11 proches de M. Machar accusés d'avoir fomenté un coup d'Etat le 15 décembre.

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