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Rodman et d'autres basketteurs fêteront le leader nord-coréen

Dennis Rodman, ancienne vedette de la NBA, est arrivé lundi à Pyongyang avec d'autres retraités du basketball américain pour participer à un match de gala à l'occasion de l'anniversaire du dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un.

La quatrième visite en Corée du Nord de l'ancien joueur des Bulls de Chicago, qui dit n'avoir nullement l'intention de se mêler de politique, a été qualifiée de « blague cruelle » par un parlementaire américain tandis que l'administration Obama affichait ses distances.

La NBA, qui gère le championnat nord-américain de basketball, a elle aussi critiqué ce déplacement.

Dennis Rodman s'est expliqué avant de décoller de Pékin pour Pyongyang.

« Son action politique ne me regarde pas. Je ne suis qu'un sportif, une personne qui veut se rendre là-bas et jouer pour le monde. C'est tout », a-t-il ajouté.

L'anniversaire de Kim Jong-un, qui est âgé d'une trentaine d'années, tomberait mercredi.

La précédente visite de Dennis Rodman en Corée du Nord, à la mi-décembre, suivait de quelques jours seulement la condamnation à mort et l'exécution de l'oncle de Kim Jong-un, Jang Song Thaek. Kim ne l'avait pas reçu.

La présidente sud-coréenne, Park Geun-hye, a parlé de « règne de la terreur » à propos des récents événements en Corée du Nord.

« Une blague cruelle »

Prié de répondre à ceux qui disent qu'il ne devrait pas jouer en Corée du Nord, Dennis Rodman, lunettes de soleil et écharpe rose, a répondu : « Est-ce qu'on va me tirer dessus ? Est-ce qu'on va me tirer dessus? Allez, arrêtez! »

Pour Eliot Engel, membre démocrate de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, « c'est une blague cruelle ».

« Il faut faire preuve d'un minimum de bon sens avant de s'asseoir à la table de quelqu'un. Le peuple nord-coréen souffre et on leur propose du basketball », a-t-il déploré lors d'une conférence de presse organisée à New York avec des exilés nord-coréens, parmi lesquels Jo Jinhye, présidente d'une association d'aide aux Nord-Coréens.

« Je veux dire à ces [ex-]joueurs de la NBA de ne pas rendre Kim Jong-un heureux. Si on veut aider la Corée du Nord, il faut aider les Nord-Coréens, pas le gouvernement de Kim Jong-un », a-t-elle dit.

Marie Harf, porte-parole du département d'État, a souligné que Dennis Rodman n'avait pas informé les autorités américaines de son voyage et qu'il n'était nullement missionné par l'administration. « Nous ne prenons pas contact par son intermédiaire et il ne nous représente pas », a-t-elle assuré.

David Stern, le commissaire de la NBA, a lui aussi tenu à dissocier son organisation de l'initiative de Dennis Rodman. « Si le sport peut, en de nombreuses occasions, aider à lancer des ponts par-dessus les divisions culturelles, ce n'est pas le cas ici », a-t-il ajouté dans un communiqué.

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