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07/01/2014 09:48 EST | Actualisé 09/03/2014 05:12 EDT

Pakistan: le tribunal chargé de juger Musharraf étudie son état de santé

Le tribunal spécial pakistanais chargé de juger l'ancien président Pervez Musharraf pour "haute trahison" a commencé mardi à étudier l'état de santé de l'accusé, à la lumière d'un rapport le disant notamment malade des artères.

M. Musharraf, 70 ans, avait été admis d'urgence la semaine dernière à l'institut de cardiologie des forces armées de Rawalpindi, en banlieue de la capitale Islamabad, après avoir ressenti un malaise cardiaque alors qu'il se rendait à ce tribunal spécial.

Les avocats de l'ex-dirigeant militaire, au pouvoir de la fin 1999 à l'été 2008, avaient demandé à ce qu'il quitte le pays pour se faire soigner. Mais la cour a exigé de consulter d'abord un rapport médical sur sont état de santé actuel avant de poursuivre la procédure judiciaire.

Mardi, le clan Musharraf a présenté ce nouveau rapport. Selon ce document dont l'AFP a obtenu copie, l'ancien chef de l'armée souffre entre autres d'une maladie des artères (coronaires) dont son père était d'ailleurs décédé. Il ajoute que des tests supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si M. Musharraf a besoin d'être opéré d'un pontage coronarien.

"Nous allons donner la chance aux deux parties d'examiner ce rapport et nous prendrons ensuite une décision" sur la poursuite de la procédure, a déclaré le juge Faisal Arab, précisant qu'une audience à ce sujet était prévue mercredi.

Dans ce procès pour "haute trahison", un crime passible de la peine capitale au Pakistan, le gouvernement reproche à l'ancien général d'avoir suspendu la Constitution et imposé abusivement l'état d'urgence en 2007 alors qu'il était au pouvoir.

Les soudains ennuis de santé de M. Musharraf ont alimenté les rumeurs de son possible prochain départ à l'étranger officiellement pour raisons médicales, qui lui permettrait d'échapper au procès en sauvant la face, en plus d'éviter des tensions entre le pouvoir civil et la très puissante armée, en partie inquiète de voir l'un de ses anciens chefs menacé d'être un jour emprisonné ou exécuté.

M. Musharraf se dit quant à lui victime d'une "vendetta" menée par le Premier ministre Nawaz Sharif, qu'il avait renversé en 1999 mais qui est revenu au pouvoir l'an dernier, et des juges qu'il avait limogés dans ses dernières années de règne.

Outre ce procès pour trahison, Pervez Musharraf est dans le collimateur de la justice pour son rôle présumé dans la mort de son ancienne rivale Benazir Bhutto, du chef rebelle Akbar Bugti, pour le renvoi de juges et l'opération militaire contre des islamistes armés réfugiés dans la Mosquée Rouge d'Islamabad.

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