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07/01/2014 07:11 EST | Actualisé 09/03/2014 05:12 EDT

L'infante Cristina, une princesse dans la tourmente

Blonde et souriante, l'infante Cristina, la fille cadette du roi d'Espagne Juan Carlos, se retrouve en première ligne de la tourmente judiciaire qui mine la popularité de la Famille royale et porte un coup brutal à son image de princesse moderne.

Cristina, Federica de Bourbon et de Grèce, âgée de 48 ans, est convoquée le 8 mars devant un juge des Baléares, José Castro.

Motif de ce nouveau coup, le plus rude pour la Famille royale dans le scandale judiciaire qui couve depuis 2010: le magistrat souhaite entendre l'infante sur des "délits fiscaux présumés et blanchiment de capitaux" dans l'enquête visant son époux, soupçonné d'avoir détourné des fonds publics.

Une première fois, au printemps 2013, le juge avait mis en examen l'infante, membre du comité de direction de Noos jusqu'en 2006, sur une possible coopération avec son époux.

Le magistrat avait dû renoncer, suite à un recours déposé par le Parquet qui jugeait les indices insuffisants.

Obstiné, il avait alors orienté son enquête sur de possibles délits de fraude fiscale et blanchiment d'argent, épluchant minutieusement les déclarations d'impôts et comptes bancaires de Cristina, scrutant ses moindres dépenses pour des voyages, des repas au restaurant ou des fêtes de famille.

Même si cette convocation ne préjuge en rien des suites judiciaires de l'affaire, l'image de la princesse, malmenée depuis des mois, devrait souffrir durablement.

Connue comme l'enfant turbulente de la famille mais aussi pour ses activités sociales, Cristina avait passé une licence de Sciences politiques en 1989 à l'Université complutense de Madrid, avant de poursuivre ses études à New York.

Elle deviendra par la suite directrice du département social de la Fondation La Caixa, à Barcelone, et présidente d'honneur de la Commission espagnole de l'Unesco.

Le scandale a aussi brisé le masque de l'époux et gendre modèle qui collait à Iñaki Urdangarin, un ancien champion olympique de handball, depuis le mariage du couple, le 4 octobre 1997 à Barcelone.

Le roi avait alors offert le titre de duchesse de Palma à sa fille, septième dans l'ordre de succession au trône d'Espagne après son frère Felipe et ses deux filles, sa soeur aînée Elena et les enfants de cette dernière.

Née le 13 juin 1965 à Madrid, passionnée de sport, Cristina avait rencontré son futur époux aux Jeux olympiques d'Atlanta, en 1996, où il jouait dans l'équipe espagnole de handball, lauréate de la médaille de bronze.

Elle-même avait fait partie de l'équipe espagnole de voile aux Jeux de Séoul en 1988.

"Elle a un goût extrême pour la compétition, elle est obstinée", affirmait l'écrivain britannique Andrew Morton, biographe de Lady Di, dans le livre "Ladies of Spain. Sofia, Elena, Cristina et Letizia: entre le devoir et l'amour", consacré à la reine Sofia, à ses deux filles et à la princesse Letizia, l'épouse de Felipe. Selon l'auteur, ce fut d'ailleurs Cristina qui fit le premier pas lors de la rencontre avec Iñaki.

Le couple aura quatre enfants, nés entre 1999 et 2005: Juan Valentin, Pablo Nicolas, Miguel et Irene. En 2009, tous déménageront à Washington, où Iñaki Urdangarin est nommé conseiller chez le géant espagnol Telefonica.

Rattrapée par le scandale Noos à la fin 2011, la famille reviendra s'installer à Barcelone en août 2012, dans la luxueuse villa du quartier de Pedralbes.

Devant la justice, Iñaki Urdangarin cherchera alors à protéger la Maison royale et son épouse.

Offrant un front uni malgré le scandale, le couple vit depuis 2013 avec ses enfants en Suisse, où l'infante travaille toujours pour la Fondation La Caixa. La villa de Pedralbes, mise en vente pour 9,4 millions d'euros, a été saisie pour moitié par la justice.

La Famille royale, elle, a pris ses distances et le gendre suspect est depuis deux ans écarté des activités officielles.

"L'augmentation de sa fortune personnelle ne peut être ignorée par une femme si proche de son mari", soulignait Pilar Urbano, écrivain spécialiste de la Famille royale. Les deux époux détiennent notamment, à 50% chacun, la société Aizoon, soupçonnée d'avoir servi de société écran par où auraient transité les sommes détournées.

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