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07/01/2014 01:49 EST | Actualisé 08/03/2014 05:12 EST

Le chef de la diplomatie du Japon part pour Madrid et Paris

Le chef de la diplomatie japonaise, Fumio Kishida, est parti mardi pour l'Espagne et la France, où il compte notamment plaider la cause du Japon dans le différend territorial qui l'oppose à la Chine.

"Je vais continuer à protéger les intérêts nationaux et mener une diplomatie qui contribue à la paix et la stabilité mondiales", a-t-il déclaré avant son départ.

Durant ce voyage, M. Kishida exposera notamment la récente création en décembre d'un Conseil de sécurité nationale (NSC), calqué sur celui existant aux Etats-Unis et qui, selon un responsable japonais, vise à faire du Japon "un acteur actif de la paix".

A Madrid, il doit s'entretenir avec son homologue Jose Manuel Garcia-Margallo, sera reçu par le président du gouvernement, Mariano Rajoy, et aura une audience avec le roi Juan Carlos mercredi.

A Paris, Fumio Kishida doit avoir mercredi des entretiens avec le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius.

Jeudi, les discussions seront élargies aux ministres de la Défense, respectivement Itsunori Onodera et Jean-Yves le Drian, dans le cadre d'une rencontre dite 2+2, dont le principe avait été arrêté lors de la visite d'Etat du président François Hollande au Japon en juin 2013.

Une rencontre avec le président Hollande est également prévue jeudi, avant que M. Kishida ne reparte pour Tokyo.

Durant ces discussions 2+2, les ministres japonais comptent exposer "ce qui se passe actuellement en Asie de l'Est et à propos des îles Senkaku", a indiqué un responsable japonais.

Les Senkaku sont un petit archipel désert en mer de Chine orientale administré par le Japon mais que la Chine revendique vigoureusement sous l'appellation Diaoyu.

Ce différend a entraîné une très nette dégradation des relations entre Pékin et Tokyo depuis septembre 2012.

Lors de sa visite à Tokyo en juin dernier, François Hollande avait demandé aux Japonais de comprendre la nécessité pour la France de "travailler avec l'Asie et de ne pas opposer tel ou tel pays".

"Nous avons une relation d'amitié depuis longtemps avec la Chine et nous avons un partenariat exceptionnel d'amitié exceptionnelle avec le Japon. Ne nous demandez pas de choisir", avait-il poursuivi.

Les ministres japonais profiteront également de ce voyage européen pour expliquer la récente visite polémique du Premier ministre japonais, Shinzo Abe, au sanctuaire Yasukuni de Tokyo, où sont honorés 2,5 millions de militaires "tombés pour le Japon" dont 14 criminels de la Deuxième guerre mondiale condamnés par les Alliés après 1945.

Le 26 décembre, à l'occasion de son premier anniversaire à la tête du Japon, Shinzo Abe, connu pour ses positions nationalistes tranchées, avait déclenché la colère de Pékin et Séoul en se rendant dans ce sanctuaire.

Malgré les assurances de M. Abe sur le but pacifiste de son déplacement, le premier d'un chef de gouvernement japonais depuis 2006, la Chine et la Corée du Sud ont fustigé ce pèlerinage comme une insulte aux victimes des atrocités commises par les troupes nippones dans la première moitié du XXe siècle.

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