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07/01/2014 10:52 EST | Actualisé 09/03/2014 05:12 EDT

Grèce: un militant d'extrême gauche emprisonné disparaît après une permission

La police grecque a lancé mardi une chasse à l'homme après qu'un militant de l'organisation d'extrême gauche du 17-Novembre (17-N), condamné à la prison à vie, eut profité d'une permission de sortie pour disparaître.

Christodoulos Xiros, 56 ans, qui purgeait plusieurs peines de réclusion à perpétuité pour avoir été une des gâchettes de cette organisation meurtrière, démantelée en 2002, ne s'est pas présenté au poste de police de Chalcidique (nord) après une permission de neuf jours, a indiqué la police.

L'avocat de Xiros, Frangiskos Ragousis, a déclaré que cet acte était "cohérent" avec les convictions politiques de son client.

"Il s'agit d'une évasion de la prison civile (...) cohérente avec (sa) conception de la liberté", a déclaré Ragousis à la radio Skaï, ajoutant qu'il n'avait pas communiqué avec son client.

Le père de l'évadé, Triantafyllos Xiros, qui est pope orthodoxe, a indiqué aux médias que son fils a laissé chez lui ses vêtements et son téléphone cellulaire.

"Je voudrais lui dire qu'il a fait quelque chose de stupide, il faut qu'il rentre", a-t-il dit à la télévision Méga.

Le porte-parole du gouvernement Simos Kédikoglou a déclaré que l'évadé, qui avait bénéficié de six permissions dans le passé, ne devait pas être traité comme "un condamné moyen".

"Est-ce qu'un extrémiste emprisonné a une mission révolutionnaire? Si oui, il ne faut pas qu'il soit traité comme un prisonnier civil", a indiqué M. Kédikoglou à Skaï.

Le gouvernement grec est particulièrement inquiet ces derniers temps de la réapparition de la mouvance extrémiste.

Il y a une semaine, des tirs de Kalachnikov ont atteint la résidence de l'ambassadeur d'Allemagne à Athènes, sans faire de victimes. Toute la classe politique les a condamnés, avec le souci manifeste de protéger la réputation de la Grèce qui assume depuis le 1er janvier la présidence semestrielle de l'Union Européenne.

En 2012, deux autres extrémistes présumés, Nikos Maziotis et sa femme Panayiota Roupa, soupçonnés de faire partie d'une autre organisation, Lutte révolutionnaire, ont disparu après leur mise en liberté conditionnelle dans l'attente de leur procès. Ils n'ont pas été retrouvés.

Le frère cadet de Xiros, Savvas, grièvement blessé dans une tentative d'attaque qui avait sonné le glas du 17-N, est toujours en prison avec d'autres dirigeants du groupe, condamnés en appel en mai 2007 à de longues peines.

Le 17-N, à l'idéologie marxiste teintée de nationalisme et d'anti-américanisme, avait fait parler de lui pour la première fois en 1975 avec le meurtre du chef d'antenne de la CIA à Athènes, Richard Welch. Il a revendiqué en tout 23 assassinats et une dizaines d'attentats.

Il tire son nom de la révolte étudiante contre la dictature des colonels (1967-74) écrasée dans le sang à Athènes le 17 novembre 1973.

Jph-hec/od/via