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07/01/2014 03:43 EST | Actualisé 09/03/2014 05:12 EDT

Citoyenneté dominicaine: une rencontre se tient sur le controversé jugement

PORT-AU-PRINCE, Haïti - Des représentants d'Haïti et de la République dominicaine se sont rencontrés, mardi, afin de discuter de différents dossiers, parmi lesquels figurerait le controversé jugement d'une cour dominicaine qui pourrait retirer leur citoyenneté aux enfants de parents immigrants.

Le premier ministre haïtien, Laurent Lamothe, de même que plusieurs membres de son cabinet se sont entretenus avec des responsables dominicains dans la ville frontalière d'Ouanaminthe, dans le nord d'Haïti. Ils ont échangé sur des questions relatives au commerce, à l'immigration et la sécurité.

Or, selon des responsables haïtiens, le principal objectif de cette réunion concernait plutôt le jugement d'un tribunal dominicain menaçant de retirer leur citoyenneté à des Dominicains qui ont, pour la plupart, des ancêtres d'origine haïtienne. Ces personnes pourraient être renvoyées en Haïti même si elles n'y sont pas nées.

Les autorités dominicaines ont affirmé la semaine dernière qu'elles n'avaient pas l'intention d'aborder d'autres sujets que ceux du commerce, de l'environnement et de la sécurité. La décision du tribunal, rendue en septembre, a été condamnée par les Nations unies, des groupes de défense des droits de la personne et des leaders de pays des Antilles.

Dans son jugement, la Cour constitutionnelle de la République dominicaine indique que la citoyenne dominicaine ne sera pas automatiquement accordée à ceux qui sont nés sur le territoire après 1929 de parents étrangers qui se trouvaient illégalement au pays.

Des groupes de défense des droits de la personne ont dénoncé ce jugement, prévenant qu'environ 200 000 personnes, dont une majorité de descendants d'Haïtiens, pourraient ainsi perdre leur citoyenneté dominicaine. Le gouvernement dominicain argue de son côté qu'ils ne seraient que 24 000 résidants à être affectés par la décision.

On ne s'attendait qu'à peu de choses de la rencontre de mardi, dont l'accès était fermé aux médias et qui a été suivie de près par des représentants des Nations unies, de l'Union européenne et de la communauté caribéenne. Le gouvernement dominicain affirme qu'il est impossible de faire appel du jugement, et que les responsables dominicains et haïtiens devront trouver un autre moyen pour l'annuler.