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06/01/2014 01:02 EST | Actualisé 08/03/2014 05:12 EST

Rép. tchèque: accord de coalition signé, balle dans le camp du président

Les trois partis tchèques de centre gauche sont parvenus lundi à un accord de coalition, mais la formation de leur gouvernement risque d'être freinée par le président Milos Zeman, opposé à certaines personnalités pressenties pour en faire partie.

Selon l'accord, fruit de plus de deux mois de pourparlers, le futur cabinet comptera huit sociaux-démocrates du CSSD, six membres du parti populiste ANO et trois chrétiens-démocrates(KDU-CSL).

Le chef du Parti social-démocrate (CSSD) Bohuslav Sobotka, 42 ans, devrait être prochainement nommé Premier ministre par le président Zeman. Ce dernier se montre toutefois réticent aux candidatures de deux sociaux-démocrates, Lubomir Zaoralek aux Affaires étrangères, et Jiri Dientsbier aux Droits de l'Homme et à l'Egalité, ainsi qu'à celle de Martin Stropnicky (ANO) à la Défense.

MM. Zaoralek et Dienstbier, tout comme M. Sobotka, sont des rivaux politiques de M. Zeman, 69 ans, ancien chef du CSSD et figure historique de la gauche tchèque.

M. Stropnicky, lui, est ancien ministre de la Culture et ancien ambassadeur tchèque au Portugal, en Italie et au Vatican.

"On peut s'attendre encore à un conflit", estime le politologue Josef Mlejnek, interrogé par l'AFP.

Selon lui, le président "va tenter d'influencer la composition du gouvernement, pour y avoir au moins une personnalité proche du Château", autrement dit de la présidence.

"S'il n'y a pas de sérieuses raisons constitutionnelles ou juridiques, le président ne pourra pas refuser de nommer les membres du gouvernement", a déclaré M. Sobotka devant la presse.

"La balle est dans le camp du président. A notre avis, il devrait agir sans délai", a insisté le chef du CSSD au cours d'un point de presse.

Le chef d'ANO, richissime homme d'affaires d'origine slovaque Andrej Babis, candidat aux Finances, fait de son côté face à des accusations de collaboration avec la police secrète (StB) de l'ancien régime communiste, avant 1989. Un tribunal slovaque devrait se pencher sur ce dossier à partir du 30 janvier.

L'accord de coalition de 50 pages définissant le programme et la répartition des sièges au sein du cabinet, est le résultat de tractations laborieuses menées depuis les législatives anticipées des 25 et 26 octobre. Il est axé sur la croissance et la création d'emplois.

Membre de l'UE mais pas de la zone euro, la République tchèque est sortie au deuxième trimestre d'une récession de 18 mois, mais a enregistré un nouveau recul de son PIB de 0,1%, au troisième trimestre de l'année.

Les trois partis qui disposent de 111 des 200 sièges de députés se sont engagés à maintenir le déficit des finances publiques sous le seuil des 3% du PIB fixé par l'Union Européenne.

"De toute façon, ce gouvernement ne procédera à aucune décision importante qu'à partir du 1er janvier 2015, l'année en cours étant celle de plusieurs élections" (européennes, communales et sénatoriales), a estimé l'analyste économique Jindrich Sidlo à la télévision publique.

"La signature de l'accord de coalition constitue un nouveau signe positif apportant un espoir de renforcement de la croissance et d'amélioration de l'emploi", a aussi affirmé M. Sobotka.

L'économie de ce pays de 10,5 millions d'habitants, la troisième d'Europe centrale après celles de la Pologne et de l'Autriche, est très dépendante de la production automobile et des exportations dans la zone euro actuellement en difficulté.

La banque centrale tchèque prévoit une contraction du PIB de 0,9% cette année, autant qu'en 2012, avant une reprise à +1,5% en 2014.

Le futur cabinet de M. Sobotka, un juriste de 42 ans jugé peu charismatique, succédera au gouvernement provisoire de Jiri Rusnok, mis en place par M. Zeman après la chute en juin du cabinet de centre droit de Petr Necas à la suite d'une série de scandales.

jma/bo/via