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06/01/2014 12:12 EST | Actualisé 08/03/2014 05:12 EST

Les parents d'un couple français disparu attendent en Bolivie que la vérité éclate

L'audience préliminaire devant fixer la reprise du procès du meurtrier présumé d'un couple de jeunes Français disparus et vraisemblablement assassinés en août 2010 en Bolivie a été repoussée, a déclaré lundi à l'AFP le père d'une des victimes.

"Le défense a récusé l'un des trois jurés", a expliqué Patrick Bellanger, le père de Jérémie Bellanger, 25 ans, vraisemblablement assassiné en août 2010 avec sa compagne Fannie Blancho, 23 ans, à la suite d'une mauvaise rencontre à Guayamerin, un lieu reculé dans l'extrême Nord-Ouest de la Bolivie.

Il a précisé par téléphone depuis Santa Ana (nord-est), où devrait se dérouler le procès, que l'audience avait été repoussée à jeudi.

Arrivé ce week-end en Bolivie, M. Bellanger avait indiqué auparavant espérer "que les accusés qui pour l'instant nient les faits finissent au moins par dire ce qu'il s'est passé ce jour-là précisément, la raison de leur geste également, et ce qu'ils ont fait des corps".

"Nous souhaitons ardemment retrouver Fannie et Jérémie pour enfin faire un deuil réel", a-t-il dit à l'AFP.

Tout au long des deux ans qu'a duré l'enquête réalisée par les autorités boliviennes, les parents de Jérémie ont tout quitté pour rester sur place afin de faire pression et d'éviter un classement sans suite de l'affaire.

Selon les éléments de l'enquête rendus publics, Jérémie et Fannie se sont rendus dans la nuit du 28 au 29 août 2010 dans la ferme du principal suspect, Jaime Martinez, et leur assassinat (d'abord celui de Fannie, puis celui de Jérémie) a eu lieu après une tentative de viol.

Les parents de Fannie doivent se rendre à Santa Ana s'il est confirmé que le procès reprendra bien dans cette ville à la date prévue du 13 janvier, selon M. Bellanger.

Mais les parents de Jérémie ont d'ores et déjà indiqué qu'ils réclameraient la délocalisation du procès à Trinidad pour des raisons de sécurité, compte tenu des pressions éventuelles que pourraient subir témoins et jurés à Santa Ana, d'où est originaire le meurtrier présumé.

Pour sa part, l'avocate de la famille des deux Français, Me Audalia Zurita, a estimé pour sa part que le tribunal de Santa Ana, dans le département de Beni, "ne possédait pas l'infrastructure nécessaire" pour le bon déroulement du procès.

Elle a également précisé à l'AFP que les "conditions de sécurité n'étaient pas réunies à Santa Ana".

"Nous souhaitons que le procès se déroule au plus vite, mais pas n'importe comment", a expliqué pour sa part M. Bellanger.

"De toute façon, depuis le début de l'affaire, on est tout le temps dedans. Même quand on est rentré en France, même si on a repris le travail, notre vie est restée suspendue depuis 2010 et on ne pense qu'à ça", a déclaré pour sa part à l'AFP la mère de Jéremie, Cécile Blanloeil.

"C'est impossible de se dire on va laisser tomber et puis on va reprendre notre vie, non ce n'est pas possible. Pour nous c'est évident qu'il faut aller jusqu'au bout", a-t-elle ajouté.

Initialement, le procès devait se dérouler à Guayaramerin, puis à Riberalta et finalement à Santa Ana, des localités se situant toutes dans la région de Beni.

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