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06/01/2014 11:49 EST | Actualisé 08/03/2014 05:12 EST

Japon: une usine de retraitement nucléaire construite avec Areva candidate à d'ultimes contrôles de sûreté

La compagnie Japan Nuclear Fuel (JNFL) a indiqué mardi avoir déposé un dossier auprès de l'autorité de régulation nucléaire du Japon pour obtenir la certification de sûreté pour une usine de retraitement de combustible usé construite avec le groupe français Areva.

Ce site, qui est jugé stratégique dans secteur nucléaire nippon, est situé à Rokkasho, dans la préfecture d'Aomori (nord).

En grande partie basé sur celui de la Hague en France, il a été victime d'une vingtaine de reports de mise en exploitation. Sa construction, débutée en 1993, devait être terminée en 1997, mais de très gros soucis techniques sur l'étape finale de vitrification notamment ont allongé le calendrier de mise au point des installations de près de 17 ans.

Le coût initial a de fait été plus que doublé pour atteindre plus de 2.000 milliards de yens (14 milliards d'euros), selon les chiffres du groupe d'information économique Nikkei.

Même si les problèmes structurels semblent désormais résolus, l'usine ne pourra démarrer qu'après obtention de la validation de sûreté sur la base de nouvelles normes décidées par l'autorité nucléaire du Japon, règles plus strictes entrées en vigueur en décembre dernier.

Ces dernières ont paru nécessaires en raison des risques auparavant sous-estimés révélés par l'accident de Fukushima à la suite du séisme et du tsunami du 11 mars 2011.

Le dossier déposé mardi doit faire l'objet d'une étude approfondie dont la durée est inconnue, mais JNFL espère que tout sera terminé d'ici à octobre cette année.

L'entreprise a notamment prévu davantage de dispositions vis-à-vis des séismes, tsunamis, tornades, typhons et autres catastrophes naturelles qui pourraient survenir dans la région et provoquer un accident grave dans cette usine.

Toutefois, des experts affirment que le site pourrait être situé à proximité d'une faille géologique active. Si les investigations de l'autorité nucléaire confirmaient cette hypothèse, des travaux supplémentaires seraient requis qui risqueraient alors d'allonger encore le calendrier.

JNFL a aussi déposé mardi une demande de certification de sûreté pour plusieurs autres installations contiguës, dont une usine de MOX (mélange d'oxydes de plutonium et uranium) qui permettrait au Japon de fabriquer lui-même ce combustible issu du retraitement pour une partie de ses réacteurs compatibles, si tant est qu'ils soient remis en service. Actuellement, toutes les tranches de l'archipel sont stoppées en attendant que leur sûreté soit confirmée.

kap/mpd

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