NOUVELLES
06/01/2014 06:39 EST | Actualisé 08/03/2014 05:12 EST

Janet Yellen, une avocate du plein-emploi à la tête de la Fed

Janet Yellen, confirmée lundi à la tête de la banque centrale américaine, est une économiste respectée et une avocate du plein-emploi qui a passé un tiers de sa carrière à la Fed.

A 67 ans, Mme Yellen, actuelle numéro deux de l'institution, deviendra le 1er février la première femme à présider la Réserve fédérale américaine en cent ans d'existence. Elle sera aussi la première démocrate à la tête de la Fed depuis le départ de Paul Volcker en 1987.

Silhouette menue et visage encadré d'un casque de cheveux blancs, Mme Yellen est plutôt vue au sein de la Fed comme une "colombe" prête à promouvoir une politique de taux d'intérêt bas pour soutenir la croissance et l'emploi en se souciant moins de l'inflation.

Mais elle sait aussi être "faucon" et avait voté 27 fois pour une hausse des taux d'intérêt dans les années 90, lorsque l'économie américaine était en surchauffe.

Née à Brooklyn, dont elle a gardé un fort accent, cette fille de médecin a développé une passion pour l'économie qui a dépassé le strict cadre professionnel: son époux George Akerlof est Prix Nobel d'économie et leur fils Robert enseigne la discipline dans une université britannique.

"Si vous passez une soirée à la maison, vous entendrez parler d'économie à table (...). Vous serez plus gavé de discussions économiques que votre appétit ne le permet", promettait-elle dans un entretien en 1995.

Titulaire d'un doctorat d'économie obtenu à Yale, Mme Yellen a méthodiquement grimpé les échelons de la Fed où elle a passé plus de douze années de sa carrière.

Après cinq ans de professorat à l'université de Harvard, elle fait une première incursion à la Réserve fédérale en 1977 où elle entre par la petite porte, au sein des effectifs de chercheurs économistes qui fournissent analyses et statistiques au directoire. Elle y restera deux ans et y rencontrera son mari.

En 1980, celle qui a eu pour mentor James Tobin, le prix Nobel d'économie connu pour sa taxe sur les transactions financières, retourne dans l'enseignement à l'Université de Berkeley (ouest), jusqu'à ce que le président Bill Clinton fasse appel à elle en 1994 pour qu'elle devienne un des gouverneurs de la Fed.

Alliée de Bernanke

Trois ans plus tard, M. Clinton la propulse à la tête du Cercle des conseillers économiques de la Maison Blanche jusqu'en 1999. A ce poste, elle succède à Joseph Stiglitz, critique du libéralisme à outrance et qui partagera en 2001 le prix Nobel d'économie avec son mari.

Armée de ce nouveau bagage, Mme Yellen revient à la Réserve fédérale en 2004 où elle préside jusqu'en 2010 l'antenne régionale de San Francisco (Californie).

Certains lui reprocheront de n'avoir pas su tirer à l'époque la sonnette d'alarme sur la bulle immobilière dans une région qui couvre, de la Californie à l'Arizona, les Etats qui allaient être au coeur du désastre des prêts à risque (subprime).

"Avions-nous une compréhension totale des défaillances du système de titrisation et de la façon dont cela allait affecter le système financier dans son entier ? Non", a-t-elle reconnu plus tard devant une commission créée pour comprendre la crise financière de 2008.

Pourtant, dès fin 2007, elle est l'une des premières au sein du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) à diagnostiquer "les possibilités d'un étranglement du crédit et d'une récession".

En 2010, Janet Yellen accède à la vice-présidence du directoire de la Fed où elle sera un des meilleurs alliés de Ben Bernanke, soutenant sa politique exceptionnelle d'assouplissement monétaire.

Tout au long de son ascension, son credo pour l'emploi n'a pas varié. "Réduire le chômage doit être au centre de l'action", a-t-elle régulièrement martelé.

vmt/jt/sl/bdx