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Pakistan : la justice refuse de lever l'interdiction de voyager de Musharraf

Un tribunal pakistanais a soutenu lundi ne pas avoir l'autorité pour retirer le nom de Pervez Musharraf de la liste des personnalités interdites de séjour à l'étranger, a indiqué un avocat de l'ancien président soupçonné de trahison, un crime passible de la peine de mort.

Les avocats de M. Musharraf avait demandé récemment à la Cour supérieure de la province du Sind de retirer le nom de l'ex-général, au pouvoir de son coup d'Etat fin 1999 à sa destitution à l'été 2008, de la liste des personnes ne pouvant quitter le territoire pakistanais.

Or ce tribunal a déclaré lundi ne pas avoir l'autorité pour retirer le nom de M. Musharraf, 70 ans, de cette liste car son nom y avait été inscrit par le gouvernement et non par le pouvoir judiciaire.

"Les deux juges de la Cour supérieure du Sind ont décrété que ce tribunal n'avait pas placé le nom de M. Musharraf sur cette liste", a indiqué à l'AFP A.Q. Hallipota, un des avocats de l'ancien président. Selon la cour, c'est donc le gouvernement qui a l'autorité de lever ou non cette interdiction de séjour à l'étranger, a-t-il précisé.

Allié des Etats-Unis dans leur "guerre contre le terrorisme" Pervez Musharraf était rentré au Pakistan en mars dernier après quatre années d'exil dans l'espoir de participer aux législatives de mai remportées Nawaz Sharif, Premier ministre qu'il avait renversé en 1999.

Mais le "général Musharraf" avait été rapidement rattrapé par la justice qui l'avait assigné à la résidence pour son rôle présumé dans de nombreuses affaires dont le meurtre de son ancienne rivale Benazir Bhutto, tuée en 2007 dans un attentat.

La justice pakistanaise a ordonné cet automne la libération de M. Musharraf dans ces affaires mais ce dernier ne peut quitter le pays car son nom figure sur une liste noire du gouvernement.

Or, fin novembre, le Premier ministre Nawaz Sharif a annoncé la création d'un tribunal spécial afin de juger M. Musharraf pour "haute trahison", un crime passible de la peine de mort au Pakistan, pour avoir imposé l'état d'urgence en 2007.

M. Musharraf est convoqué mardi devant ce tribunal spécial, qualifié d'instrument d'une "vendetta personnelle" par ses partisans qui ont déposé ce week-end une plainte devant la cour d'Islamabad afin d'invalider cette procédure.

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