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Ouganda: la communauté gay promet de combattre une nouvelle loi contre l'homosexualité

La communauté gay et lesbienne d'Ouganda se "battra jusqu'au bout" pour contrer l'adoption, par le Parlement ougandais, d'une loi punissant de façon draconienne l'homosexualité, a déclaré lundi le militant gay ougandais Frank Mugisha.

"Nous combattrons cette loi jusqu'au bout", a déclaré M. Mugisha, à l'issue d'une conférence de presse dans la capitale ougandaise Kampala.

"Nous allons contester la loi devant la justice et nous allons aussi appeler le président à ne pas la promulguer", a-t-il ajouté, reconnaissant toutefois que le président Yoweri Museveni, sous la pression des églises chrétiennes évangélistes, notamment, signera probablement le texte.

"Les membres du Parlement ont fait honte et embarrassé l'Ouganda, parce qu'ils ont montré leur ignorance en adoptant cette loi", a poursuivi M. Mugisha. "Ils ont montré à quel point l'Ouganda était ignorant".

Le militant a annoncé des campagnes dans la presse, en coopération avec les organisations de défense des droits de l'Homme, et, espère-t-il, le soutien de pays ou blocs de pays comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l'Union européenne.

Avant même cette loi, la législation ougandaise réprimait déjà fortement l'homosexualité.

Le nouveau texte, voté à une majorité écrasante mais décrié notamment par l'Union européenne et les organisations de défense des droits de l'Homme, prévoit la prison à perpétuité pour les récidivistes.

Une clause extrêmement controversée sur la peine de mort a été supprimée de la version finale.

Mais le nouveau texte, initié en 2009, criminalise aussi la promotion publique de l'homosexualité, y compris les discussions de groupes militants.

L'homophobie est très répandue en Ouganda, pays où le christianisme protestant de style américain fait des adeptes. Les hommes et femmes homosexuels y sont fréquemment soumis à des menaces ou subissent des violences.

Des militants des droits de l'homme y ont rapporté des cas de viols collectifs de lesbiennes. En 2011, un militant des droits des homosexuels, David Kato, avait été poignardé à mort à son domicile après la publication dans un journal de noms, photos et adresses d'homosexuels vivant en Ouganda sous le titre: "Pendez-les".

Le député à l'origine de la nouvelle loi, David Bahati, a décrit la nouvelle loi comme "une victoire pour l'Ouganda".

Dans un communiqué, la Communauté gay, lesbienne, bisexuelle et transgenre d'Ouganda a de son côté estimé qu'elle était anticonstitutionnelle et constituait un revers pour la lutte contre le sida, dont sont atteints 7,2% des Ougandais.

"La liberté d'expression, d'association, de réunion, d'expression en pâtiront", a-t-elle poursuivi, estimant que la loi serait détournée à des fins de chantage, d'extorsion ou encore de malveillance politique.

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