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L'an 1 du renouveau : une demi-réussite

Après un premier semestre marqué par l'attente et l'incertitude du lock-out, le tandem Marc Bergevin-Michel Therrien conclut sa première « vraie » année à la barre du Canadien.

Un texte de Guillaume Lefrançois

À première vue, il est difficile de dresser un constat unilatéral de la nouvelle ère du Tricolore.

Sur le plan collectif, on peut difficilement lancer la pierre à une équipe qui a amassé 110 points en 86 matchs, une fiche bonne pour le 7e rang de la LNH au cours des 12 derniers mois.

Le bémol est évidemment l'élimination express du CH aux mains des Sénateurs en cinq matchs, dès le premier tour. Certains rappelleront - avec justesse - que la formation montréalaise a manqué d'essence en fin de parcours. Mais la récente baisse de régime de l'équipe, survenue autour du 30e match comme lors de la saison écourtée, incite à se demander s'il s'agit d'une tendance lourde pour une équipe pas très pesante. Seul l'avenir le dira.

Le présent en défense, l'avenir en avant

Personne ne savait trop quel visage prendrait le groupe pris en charge par Therrien au printemps 2012.

Pas besoin de chercher bien longtemps les piliers de la brigade défensive : P.K. Subban et Andrei Markov, deux hommes dont la contribution était dure à prédire il y a 12 mois.

Subban venait de vivre une saison 2011-2012 tumultueuse, et s'était engagé dans une dispute contractuelle avec le Canadien avant de reprendre l'action. Son potentiel n'a jamais fait de doute. Mais comme pour tout défenseur, il peut prendre plus de temps avant de se matérialiser.

Markov, lui, avait été limité en 9 points en 34 matchs en 2012, à temps partagé entre le Canadien (hiver 2012) et la KHL (automne 2012). Bref, rien n'indiquait que le Russe pouvait reprendre son rôle de général de la ligne bleue après trois saisons marquées par des blessures au genou.

Le 76 et le 79 ont fait fi de ces inquiétudes pour s'établir, contre toute attente, comme le duo de défenseurs le plus productif de la LNH en 2013 avec 115 points, soit 12 de plus que Duncan Keith et Brent Seabrook.

Derrière eux, Carey Price n'a pas affiché la même constance, mais sa tenue depuis octobre a vite fait oublier ses déboires - et ses déclarations - du printemps dernier. Qui aurait prédit qu'on le retrouverait parmi les cinq meilleurs gardiens numéro 1 de la LNH pour la moyenne et le taux d'efficacité?

À l'avant, c'est plutôt un groupe en pleine mutation que l'on a vu à l'œuvre. Entre les piliers tels Tomas Plekanec et Max Pacioretty se glissent un jeune au potentiel illimité en Alex Galchenyuk, une valeur sûre en Brendan Gallagher et une boîte à surprise en Lars Eller.

Ce dernier a montré, au printemps dernier et en octobre, qu'il pouvait transporter l'équipe quand il traverse une bonne séquence. Son défi sera de le faire avec plus de constance.

Avec sa fougue, qu'il conserve même pendant ses léthargies, le Danois a prouvé qu'il n'a pas gardé de séquelles de la violente mise en échec subie dans les séries aux mains d'Eric Gryba.

Les hauts et les bas de Bergevin

Difficile de faire l'unanimité quand vous êtes DG d'une équipe qui soulève autant les passions. Et pourtant, c'est ce que Bergevin a réussi en première moitié d'année.

Il s'est d'abord fait une tonne de nouveaux amis en rachetant le contrat de Scott Gomez, qui intoxiquait la masse salariale de l'équipe à hauteur de 7,3 millions de dollars par saison. Il en a fait de même avec Tomas Kaberle l'été dernier.

Bergevin a aussi tenu tête à Subban et l'a ramené dans le giron de l'équipe à bon prix, et sans que le jeune défenseur fasse la baboune à son retour dans le vestiaire.

Bergevin a ensuite fait preuve de flair en larguant Erik Cole, dont la production a dangereusement périclité en 2013, pour obtenir Michael Ryder, dont le contrat prenait fin l'été dernier, soit deux ans plus tôt que celui de Cole. C'est sans oublier le choix de troisième tour aussi obtenu, qui a servi pour repêcher Connor Crisp. Mais dans ce cas, il faudra attendre au moins trois ans avant de se prononcer.

Depuis, on sent toutefois moins l'unanimité. Le contrat de quatre ans accordé en mars à David Desharnais a fait grincer des dents cet automne, mais le petit centre a montré des signes encourageants au cours du dernier mois.

Le contrat de deux ans et huit millions de dollars à Daniel Brière - soit l'argent épargné en échangeant Cole - fait également mal paraître l'architecte du Canadien.

D'autres en diront autant de George Parros, mais si erreur il y a, elle n'est pas très coûteuse. Son contrat de quelque 900 000 $ prend fin l'été prochain. Et le Canadien n'a pas mis son avenir en péril en sacrifiant Philippe Lefebvre et un choix de septième tour pour l'obtenir.

Et la suite?

L'année 2014 sera une année charnière pour Bergevin, avec une brigade défensive qui pourrait drôlement changer de visage. Les dossiers Markov et Subban seront ses priorités, mais doit-on rappeler que Raphael Diaz, Douglas Murray et Francis Bouillon seront aussi sans contrat le 1er juillet prochain?

Avec tous ces futurs joueurs autonomes, la fin du contrat de Brian Gionta et la hausse anticipée du plafond salarial, Bergevin pourrait bénéficier d'environ 27 millions de dollars pour de nouvelles ententes à Eller et à Subban, en plus des décisions à prendre avec ses vétérans sans contrat. Pour la première fois depuis son entrée en poste, l'occasion est belle pour modeler son équipe comme il l'entend.

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