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Italie: la stabilité a apporté un dividende de 5 milliards d'euros (Letta)

La stabilité politique depuis huit mois en Italie lui a apporté "un dividende" de quelque 5 milliards d'euros, a affirmé lundi le président du Conseil italien Enrico Letta dans sa conférence de presse de fin d'année.

Le Premier ministre a martelé que l'Italie "a tourné la page" et que 2014 serait aussi "l'année du redémarrage de la croissance".

Selon lui, le service de la dette italienne n'avait fait que croître ces dernières années en fonction des turbulences politiques. Mais grâce à la stabilité politique retrouvée, en 2013, les intérêts de la dette qui auraient dû être de 89 milliards d'euros devraient s'élever à 83 milliards d'euros, soit 5 milliards d'économisés.

Par ailleurs, les ressources tirées de la lutte contre la fraude fiscale et de la compression des dépenses publiques "serviront à réduire l'imposition sur le travail", a-t-il promis, rappelant l'instauration récente d'un mécanisme permettant l'automatisme entre les entrées de ces ressources et leur affectation à la réduction des impôts.

"Grâce aux ressources dégagées en 2013, nous avons pu supprimer les cotisations pour l'embauche de jeunes de moins de 29 ans, une mesure dont les entreprises pourront aussi bénéficier en 2014", a-t-il dit, en faisant état aussi de "premières réductions de la fiscalité sur l'emploi et les ménages".

M. Letta a promis que 2014 serait l'année où les réformes institutionnelles, y compris la réforme électorale, seraient accomplies.

Il a demandé pour cela à l'ancien président du Conseil Silvio Berlusconi, déchu de tout mandat parlementaire, et à sa formation Forza Italia, de "ne pas faire l'erreur" d'une "dérive nihilo-populiste" en s'opposant aux réformes institutionnelles et électorales.

M. Letta s'est félicité d'un "basculement générationnel sans précédent dans l'histoire de l'Italie", avec l'arrivée de jeunes générations de 30 ou 40 ans dans la classe politique, dont lui-même (47 ans), son vice-Premier ministre Angelino Alfano (43 ans) issu du centre droit, et le nouveau chef du Parti démocrate (gauche) Matteo Renzi (38 ans).

"En 2013, nous avons récupéré trente ans. Auparavant le pays était confié aux générations ayant 60/70 ans", a-t-il observé.

Ce changement "met à l'épreuve une nouvelle génération pour résoudre des problèmes irrésolus depuis des années. Nous avons une occasion à saisir, nous n'avons plus d'alibi", a-t-il dit.

Janvier sera un mois décisif pour l'exécutif Letta avec une grande remise à plat prévue de la fiscalité (afin de réduire de façon plus forte les taxes sur l'emploi), une réforme du marché du travail de façon à le faire mieux fonctionner et avec la conclusion au sein de sa majorité gauche-droite d'un "contrat de programme" pour l'année 2014.

D'autres mesures seront incluses dans ce pacte de gouvernement comme l'introduction d'une forme de droit du sol (ius soli) pour faciliter l'accès à la nationalité italienne pour les enfants d'immigrés. Le système d'accueil des demandeurs d'asile, des réfugiés et des migrants sera également revu ainsi que la loi Bossi-Fini qui fait de l'immigration clandestine un délit, pénalisant aussi les personnes qui viennent au secours des migrants.

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