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Prison pour trois figures de l'opposition en Égypte

Trois figures emblématiques de la contestation anti-Moubarak en 2011 ont été condamnées dimanche à trois ans de prison chacune pour leur participation à une récente manifestation antigouvernementale.

Ce procès a été critiqué par les organisations de défense des droits de l'homme.

Les trois militants, Ahmed Maher, Ahmed Douma et Mohamed Adel, sont connus pour avoir participé à la « révolution du Nil » qui a conduit au renversement du président Hosni Moubarak début 2011.

Les trois hommes ont également été condamnés à une amende de 50 000 livres égyptiennes (environ 7700 $).

À la lecture des condamnations, des cris se sont élevés dans la salle d'audience: « À bas le régime militaire! Nous sommes un État, pas un camp militaire! »

Plusieurs diplomates européens ont assisté au procès, organisé dans un bâtiment de la police dans les faubourgs du Caire.

L'affaire remontait au 30 novembre, quand de vifs incidents ont éclaté devant le tribunal où s'était rendu Ahmed Maher, accusé d'avoir organisé une précédente manifestation non autorisée. Les trois militants ont été notamment accusés d'avoir agressé ce jour-là des membres des forces de l'ordre.

Une nouvelle loi adoptée en novembre restreint fortement le droit de rassemblement et de manifestation en Égypte.

Lourde peine

Les autorités mises en place en juillet après la destitution par l'armée du président Mohamed Morsi, issu du mouvement des Frères musulmans, ont placé en détention de nombreux activistes islamistes et, plus récemment, des militants laïques dont certains ont largement contribué à la chute de Moubarak.

Heba Morayef, directrice pour l'Égypte de l'ONG Human Rights Watch, s'est étonnée de la lourde peine qui frappe les trois militants.

Le parquet général égyptien a ordonné samedi que Mohamed Morsi comparaisse pour un troisième procès, qui porte entre autres sur des accusations de meurtres de policiers.

L'ancien chef de l'État est mis en cause dans cette affaire avec 129 coaccusés, dont des membres du Hamas palestinien et du Hezbollah libanais.

Le parquet avait déjà ordonné en début de semaine que l'ancien président soit jugé pour conspiration avec des organisations étrangères en vue de mener une campagne de terreur en Égypte.

Renversé par l'armée le 3 juillet dernier, Mohamed Morsi est par ailleurs déjà en procès pour incitation à la violence lors de manifestations tenues aux abords du palais présidentiel voici un an, alors qu'il était encore en poste.

Les accusations de meurtres, à l'origine du troisième procès, sont liées à une évasion massive de prison lors du soulèvement de janvier-février 2011 contre Moubarak.

Mohamed Morsi était l'un des évadés. D'après le juge d'instruction, une cinquantaine de policiers et de prisonniers ont alors été tués et au moins 20 000 détenus se sont évadés.

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