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Principaux extrait de la conférence de presse de Mikhaïl Khodokorvski

Voici les principaux extraits de la conférence de presse de l'ex-oligarque et critique du Kremlin Mikhaïl Khodorkovski dimanche à Berlin.

Ses projets pour le futur:

"Il ne faut pas me considérer comme le symbole qu'il n'y a plus de prisonniers politiques en Russie.

Nous devons travailler ensemble à ce qu'il n'y ait plus de prisonniers politiques en Russie ou dans d'autres pays. Je vais tout faire pour qu'il n'y en ait plus, faire tout ce que je pourrai.

Je n'ai recouvré ma liberté que depuis 36 heures (...) je n'ai pas eu le temps d'élaborer des plans pour le futur.

(Rester en Allemagne?) Jusqu'à présent je n'ai absolument pas eu le temps d'en discuter avec les membres de ma famille. J'ai reçu un visa pour un an.

Je n'ai pas l'intention de m'engager dans des activités politiques. Je veux m'occuper d'activités sociales. Je n'ai aucun projet pour revenir dans le monde économique. Ma situation financière ne m'oblige pas à travailler pour gagner encore plus d'argent.

(les Jeux olympiques de Sotchi sont) "une fête du sport, une fête pour des millions de gens et, probablement, il ne faut pas la gâcher".

Le camp - Sa libération:

"Je dois encore présenter des excuses pour ne pas donner tous les détails aujourd'hui. J'ai encore des amis, des compagnons de souffrance en prison, mon ami Lebedev, de nombreuses personnes qui se trouvent toujours dans une situation comme la mienne.

Je n'ai pas eu le choix au moment de ma libération. Quand on m'a réveillé à 2H00 du matin, le chef du camp m'a dit que j'allais à la maison. Ensuite j'ai appris que ce voyage conduisait à Berlin. D'une certaine manière, je n'ai compris qu'à la fermeture de la porte de l'avion allemand".

Sur Vladimir Poutine

"Ce serait un peu malvenu de ma part de donner des conseils à des hommes politiques expérimentés sur la façon dont ils doivent se comporter face à une personne aussi difficile. Je ne le ferai pas.

J'espère vraiment que les responsables politiques occidentaux, quand ils discutent avec Poutine, penseront, juste qu'ils penseront que je ne suis pas le dernier prisonnier politique en Russie.

Pour moi cela n'a jamais été un problème de demander une grâce. Il était évident que mon sort, le sort de mes collègues, était entre les mains du président Poutine. Et que je sois d'accord pour faire une demande de grâce ou que j'effectue toute ma peine, a au final toujours dépendu des avantages et désavantages de ce que le président Poutine s'autorise à donner. Du point de vue de Poutine, tout cela n'était pour ainsi dire qu'une formalité. Ce qui n'était pas qu'une formalité, c'était la reconnaissance de culpabilité. Une reconnaissance de culpabilité pour des faits dont je ne pouvais pas accepter en l'état la façon dont ils étaient présentés. (...) Et c'est pour ça que dans les cinq dernières années j'ai toujours repoussé les conseils allant dans le sens d'une demande de grâce.

Nos lois autorisent le président Poutine à rester au pouvoir, pour dix ans encore. On lui a récemment demandé s'il ne pensait pas souhaiter être président à vie, et il a dit non. Et j'espère de ce fait qu'il ne changera pas d'avis sur ce sujet.

M. Poutine a eu la possibilité de me libérer depuis dix ans. Et je pense qu'après un délai de réflexion aussi long, ça ne peut pas être une erreur. C'est même au contraire, un exemple sur la façon dont il pourrait se comporter à l'avenir, du moins je l'espère.

Je comprends personnellement très bien, et déjà quand je travaillais dans les affaires, j'avais toujours compris que des jeux très durs se jouent. En ce qui me concerne, cette dureté s'est manifesté de façon particulièrement violente. Mais dans le même temps, je dois dire que ma famille n'a pas été trop touchée par toute cette situation. (...) Quand j'ai vu que tout n'allait pas trop mal avec la famille, que l'on s'est comporté de façon humaine avec ma famille, j'ai aussi décidé de me comporter de façon pragmatique. Et un homme pragmatique, il ne doit pas, dans ce cas, se laisser aller à des choses non pragmatiques comme la haine ou la vengeance".

bur-fjb/bir

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