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Première apparition publique de Khodorkovski sur les décombres du Mur de Berlin

Tête rasée de détenu, mais joues roses et sourire aux lèvres, pour sa première apparition publique Mikhaïl Khodorkovski a choisi un musée berlinois emblématique de la Guerre froide.

Situé là où se dressait Checkpoint Charlie, le plus célèbre point de passage entre l'est et l'ouest de Berlin, lors de la partition de la ville, le musée qui a accueilli la première conférence de presse de M. Khodorkovski, 50 ans, est dédié à ceux qui ont réussi à échapper à la dictature du bloc soviétique.

Juste devant, on peut voir le panneau mythique "Vous quittez le secteur américain", ainsi qu'un des blocs de béton qui formaient le Mur. Des dizaines de milliers de touristes viennent y prendre la pose chaque année, avec des acteurs arborant les costumes des deux camps ennemis de l'époque. On peut même y faire tamponner son passeport.

Rien ne prédisposait pourtant ce petit musée privé à recevoir un évènement suscitant un tel intérêt médiatique et international.

L'ancien milliardaire et opposant au président Vladimir Poutine a justifié ce choix en évoquant sa reconnaissance pour la mobilisation qui a entouré son cas personnel et qui a permis sa remise en liberté vendredi, après dix ans de camp.

Très élégant dans un costume bleu sombre, Khodorkovski - qui fut l'homme le plus riche de Russie, avant sa déchéance politico-judiciaire-, est apparu très détendu, après deux nuits passées à l'Adlon, un palace voisin de la Porte de Brandebourg où sa suite "Pariser Platz" se loue à près de 3.000 euros la nuit.

Souriant, répondant avec patience aux questions, il n'a pas été déstabilisé par la cohue des journalistes entassés devant lui.

La directrice du musée, Alexandra Hildebrandt, 46 ans, d'origine ukrainienne, a eu beaucoup plus de mal à faire la police.

Elle a même menacé un moment d'annuler purement et simplement la manifestation si photographes et caméramans ne se poussaient pas pour laisser passer M. Khodorkovski et ses parents.

"Je vais tous vous mettre dehors !" a-t-elle hurlé.

Quelques minutes avant le début de la conférence de presse, le service de sécurité a dû repousser un groupe de partisans de Khodorkovski, de curieux et de personnes se prétendant journalistes, qui tentaient de forcer le passage.

Certaines sont arrivées à leur fin, occupant les dernières places au sein du public.

Parmi eux, un petit groupe était venu faire la claque à l'arrivée de Khodorkovski ou lancer des appels à la libération de l'opposante ukrainienne Ioulia Timochenko.

L'un d'entre eux portait un t-shirt "Libérez Khodorkovski" et le petit groupe a hué le nom du président russe Vladimir Poutine lorsque Mme Hildebrandt l'a inclus dans les remerciements en début de conférence de presse.

M. Khodorkovski a pris son temps pour répondre aux question, choisissant bien ses mots, pesant chaque tournure avec le plus grand soin et veillant à ne pas laisser libre cours à une éventuelle rancoeur envers Poutine.

"Un homme pragmatique ne doit dans ce cas pas se laisser aller à des choses non pragmatiques comme la haine ou la vengeance", a-t-il expliqué.

Une fois la conférence de presse achevée, il s'est offert un petit bain de foule, serrant les mains de quelques partisans ou signant sa biographie intitulée "Prisonnier de Poutine".

dlc-hap/fjb/via

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