Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Québec, qui a fermé ses portes en 2021.

Irak: Maliki appelle des manifestants sunnites à mettre fin à leur sit-in

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a appelé dimanche des sunnites manifestant contre le gouvernement dans l'ouest du pays à lever leur sit-in, tenu depuis près d'un an et qualifié de QG d'Al-Qaïda, mettant en garde contre une intervention des forces de l'ordre.

Les remarques de M. Maliki interviennent au lendemain d'une opération désastreuse des forces de l'ordre contre un repaire présumé d'Al-Qaïda dans une localité à 380 km à l'ouest de Bagdad, lors de laquelle 15 militaires ont péri.

Une éventuelle intervention des forces de sécurité contre le sit-in, près de la ville de Ramadi (100 km à l'ouest de Bagdad), où protestent depuis près d'un an des sunnites, pourrait exacerber la colère de cette communauté, conduisant à davantage de violences.

"Je dis clairement (...) que le site du sit-in dans (la province d'al-) Anbar s'est transformé en un QG pour les chefs d'Al-Qaïda", a indiqué le Premier ministre, un chiite, dans une déclaration diffusée par la chaîne publique Iraqiya.

M. Maliki a appelé "ceux qui sont sur place (...) à quitter cet endroit et à y laisser Al-Qaïda seul", ajoutant que les protestataires avaient "un délai très court" pour partir, sans donner de détails.

Il a en outre appelé les forces de sécurité à adopter une "attitude ferme pour mettre fin au QG d'Al-Qaïda, qui est devenu un danger non seulement pour Anbar mais aussi pour tout l'Irak".

Il y a un an, l'arrestation des gardes du ministre des Finances d'alors, Rafeh al-Issawi, un influent homme politique sunnite, pour des accusations de terrorisme, avait déclenché la colère de sa communauté qui s'était lancée dans des manifestations qui durent encore aujourd'hui.

Au-delà de l'affaire Issawi, cette communauté s'estime faire l'objet de discriminations et d'une campagne de répression de la part du gouvernement chiite.

La colère sunnite a par ailleurs été un facteur clé dans l'escalade des violences de cette année, stimulant le recrutement chez les groupes insurgés. Les bilans ont renoué avec des niveaux de 2008, lorsque le pays sortait tout juste d'une guerre confessionnelle.

Exacerbées par ailleurs par la guerre civile dans la Syrie voisine, ces violences ont fait plus de 6.600 morts, selon un bilan de l'AFP.

bur-wd/vl/faa

Envoyer une correction
Cet article fait partie des archives en ligne du HuffPost Canada, qui ont fermé en 2021. Si vous avez des questions ou des préoccupations, veuillez consulter notre FAQ ou contacter support@huffpost.com.