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Damas "doit" expliquer la mort "ignoble" du médecin britannique (Cameron)

Damas doit "fournir des explications" sur la mort "ignoble et consternante" d'un médecin britannique dans une prison syrienne, a estimé le Premier ministre britannique David Cameron, alors que la dépouille du chirurgien, arrivée dimanche à Londres, devait être autopsiée.

"La mort d'Abbas (Khan) est une tragédie ignoble et consternante, et le régime syrien doit fournir des explications" sur ce qui s'est passé, a écrit M. Cameron dans une lettre adressée à la mère de la victime, Fatima Khan, et dont l'AFP s'est procuré une copie.

"Le traitement ignoble qu'ils ont lui fait subir et leur refus de coopérer avec nous (...) est totalement inacceptable", poursuit-il, répondant ainsi implicitement à la famille du médecin qui accuse le gouvernement britannique d'"avoir traîné des pieds" pendant des mois dans ce dossier.

"Je sais par expérience - après avoir perdu un fils - que les mots sont de peu de réconfort en cette période terrible", ajoute M. Cameron encore en référence à la mort en 2009 de son fils Ivan, 6 ans et gravement handicapé. Mais "nous continuerons à faire pression pour que les personnes responsables soient jugées", assure-t-il.

Les autorités britanniques accusent Damas d'avoir "de facto assassiné" le chirurgien orthopédiste de 32 ans, thèse partagée par sa famille. De son côté, Damas affirme que le médecin, détenu depuis plus d'un an pour "activités non autorisées" et sur le point d'être libéré, s'est pendu.

L'autopsie du corps - qui doit être pratiquée dimanche ou lundi à Londres, où la dépouille est arrivée dimanche - pourra peut-être permettre d'en savoir plus sur les causes du décès. Le ministère britannique de l'Intérieur "est en charge des modalités" de l'autopsie, tandis que Scotland Yard est "activement impliqué compte tenu des circonstances très suspectes de la mort du Dr Khan", a précisé l'avocat de la famille, Nabeel Sheikh.

Les proches d'Abbas Khan ont jugé que la lettre du Premier ministre, datée de vendredi mais rendue publique dimanche, arrivait "trop tard". "Qu'allons-nous faire de cette lettre ?", a lancé sa soeur Sara Khan interviewée sur Sky News. "Va-t-il maintenant réussir à poser des questions et obtenir des réponses de la part des Syriens ? Vont-ils répondre aux questions sur les raisons de la mort de mon frère, comment il a été tué et qui l'a tué ? Une lettre compatissante n'est pas assez pour justifier la mort de quelqu'un. C'est trop peu et trop tard", a-t-elle estimé.

L'un de ses frères, Shahnawaz Khan, s'en est aussi pris aux autorités syriennes et britanniques. "Il a été exécuté parce qu'il était britannique, et son propre gouvernement l'a laissé tomber parce qu'il n'était pas assez britannique" à ses yeux, a-t-il affirmé, faisant référence à l'origine indienne de son frère.

Abbas Khan, père de deux enfants et résidant à Londres, avait travaillé pour l'organisation non-gouvernementale Human Aid UK en formant du personnel médical syrien en Turquie, avant de se rendre à Alep, dans le nord de la Syrie, où il a été arrêté en novembre 2012.

Sa mort a été annoncée mardi alors que les autorités syriennes étaient "sur le point", selon Damas, de le remettre, vivant, à sa mère et à un député britannique qui s'étaient activement mobilisés pour sa libération. En prévision de ces retrouvailles, sa famille avait décoré la maison, a raconté Sara Khan.

"Je ne peux pas imaginer, dit encore M. Cameron dans sa lettre, à quel point cela a dû être terrible de perdre Abbas, en particulier au moment où il semblait que le régime était peut-être finalement prêt à le libérer".

bed/via

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