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20/12/2013 04:51 EST | Actualisé 18/02/2014 05:12 EST

Yémen: nouveau sabotage d'oléoduc, pompage du brut interrompu

Des équipes de techniciens s'employaient vendredi dans l'est du Yémen à réparer un tronçon d'oléoduc saboté dans la nuit par des hommes armés, pour la deuxième fois en moins de 24 heures, ce qui a provoqué un arrêt du pompage du brut, a indiqué un responsable du ministère du Pétrole.

"Les techniciens, accompagnés des forces de sécurité, tentent de colmater une brèche ouverte dans l'oléoduc, pour assurer la reprise du pompage du brut", a déclaré à l'AFP le responsable, qui a requis l'anonymat.

Il a ajouté que des hommes armés avaient fait exploser l'oléoduc jeudi soir, "une heure après qu'il a été réparé des suites d'un premier sabotage".

Les deux attaques ont eu lieu dans la région d'Al-Arqaïn, dans le district de Sarwah, dans la province de Marib, à l'est de Sanaa, a-t-il précisé, en les attribuant à des tribus de la région mais sans en expliquer la raison.

L'oléoduc, long de 420 kilomètres, relie les champs pétrolifères de Safir au terminal de Ras Issa, sur la mer Rouge, près de Hodeida.

Le Yémen, pays pauvre de la péninsule arabique, a une petite production de pétrole et compte sur ses exportations de brut pour alimenter le budget de l'Etat, alors que son économie est au bord de l'effondrement en raisons des crises politiques et de l'insécurité.

La production pétrolière était tombée en 2011 à 170.000 barils par jour (bj), contre 259.000 bj en 2010, en raison des troubles dans le pays, des sabotages à répétition d'oléoducs et des évacuations de personnel étranger, selon l'Energy Information Administration (EIA - Etats-Unis).

La chute de la production, qui atteignait 440.000 bj en 2001, est également due au manque de nouveaux investissements en matière d'exploration et à un entretien inadéquat des infrastructures, ajoute l'EIA.

Le ministre du Pétrole Ahmad Dares a affirmé cette semaine que les attentats avaient provoqué, dans son secteur, des dégâts estimés à 4,75 milliards de dollars entre mars 2011 et mars 2013.

Le Yémen traverse actuellement une transition politique laborieuse, après le départ négocié de l'ex-président Ali Abdallah Saleh à l'issue d'un soulèvement populaire lancé début 2011 dans le sillage des Printemps arabes. Le dialogue national est bloqué et les violences se sont accrues, du fait notamment d'Al-Qaïda.

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