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20/12/2013 07:16 EST | Actualisé 19/02/2014 05:12 EST

CGI poursuit l'Ontario pour 56 M$

Une dispute entre l'agence ontarienne cyberSanté et la multinationale québécoise CGI a dégénéré et l'affaire se retrouve maintenant en Cour supérieure de l'Ontario où les parties se poursuivent mutuellement.

Selon des documents obtenus par Radio-Canada, la compagnie a d'abord entamé une poursuite de plus de 56 millions de dollars contre le gouvernement ontarien. En réponse, l'Ontario réclame 25 millions en cour à son ancien partenaire.

L'objet de la dispute est un contrat de 46 millions signé en 2010. L'entente prévoyait la mise sur pied d'un système informatique pour permettre le partage des dossiers médicaux de patients atteints de diabète.

Le gouvernement a cependant mis fin au contrat en septembre 2012, sans verser un sou à la compagnie. 

L'agence cyberSanté affirme que CGI n'a respecté aucune de ses échéances et était encore loin d'atteindre l'objectif final après deux ans de travail. 

Allégations sérieuses

Dans sa requête, CGI accuse le gouvernement ontarien d'avoir été de mauvaise foi et de lui avoir mis des bâtons dans les roues tout au long du projet.

De son côté, cyberSanté met en doute les compétences de la multinationale et l'accuse d'avoir délibérément exagéré ses capacités.

Dans sa réplique en cour, CGI qualifie les allégations au sujet de ses compétences de « frivoles ». La compagnie n'a pas répondu à nos demandes d'entrevue.

La ministre de la Santé de l'Ontario, Deb Matthews, a aussi refusé de commenter les poursuites. Dans un courriel, elle souligne cependant que l'agence a trouvé un autre moyen d'échanger de l'information numérique sur les patients atteints de diabète.

La facture aux contribuables?

Le professeur au département des affaires et du droit de l'Université Ryerson, Avner Levin, remarque que le gouvernement fait valoir qu'il était stipulé dans le contrat que CGI serait payé uniquement une fois le projet complété. Il doute cependant que ce soit un argument qui tienne devant le juge.

La porte-parole du NPD ontarien en matière de santé, France Gélinas, craint que les contribuables ne se retrouvent à payer des millions. « On voit là des gros montants d'argent qui vont être dépensés dans les tribunaux, pour encore là, pas les résultats qu'on veut. »

* Un dossier d'Annie Poulin