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20/12/2013 06:22 EST | Actualisé 19/02/2014 05:12 EST

Centrafrique: reprise de tirs dans Bangui, situation très volatile

Des fusillades ont éclaté vendredi matin dans plusieurs quartiers de Bangui, après des heures d'intenses échanges de tirs dans la nuit sur l'aéroport, illustrant une situation toujours extrêmement volatile dans la capitale centrafricaine après les récentes violences interreligieuses.

Aux premières heures de la matinée, plusieurs centaines de personnes, en majorité des jeunes, sont venues manifester devant l'entrée de l'aéroport Mpoko, dans le nord de la ville, pour exiger le départ du président et ex-chef rebelle Michel Djotodia, a constaté l'AFP.

Des tirs d'armes légères, venant apparemment des soldats tchadiens de la Misca (force africaine) circulant à bord d'un 4X4, ont créé des mouvements de panique et la confusion dans la foule. Furieux, des manifestants s'en sont pris à coups de pierres à un camion qui passait là avec des passagers musulmans, vraisemblablement eux aussi tchadiens.

Le calme est ensuite revenu avec l'arrivée de renforts français, et la dispersion progressive de la manifestation. Mais peu après, des tirs d'origine indéterminée pouvaient être entendus dans un autre quartier nord, à Gobongo où, selon un habitant plusieurs personnes ont été tuées dans la nuit par des hommes de la Séléka qui avaient revêtu des uniformes de la police. En fin de matinée, des soldats français se préparaient à intervenir dans ce quartier.

Alors que la situation était à peu près normale au petit matin dans le centre-ville, ces incidents, ajoutés aux rumeurs sur les affrontements nocturnes à l'aéroport, ont eu pour conséquence une baisse notoire de l'activité à la mi-journée, sur les grands axes et particulièrement autour de l'avenue de l'Indépendance menant à l'aéroport.

Peu avant midi, le quartier Combattant, proche de l'aéroport et théâtre de nombreuses violences ces deux dernières semaines, était deserté.

"Ca dégénère à nouveau", a commenté à l'AFP un habitant. "Ce matin, il y a eu des tirs de Séléka pour montrer qu'ils étaient là au Kilomètre 5 (quartier à majorité musulmane). Ca entretient la tension", selon ce même habitant, qui a précisé avoir vu des "hommes en civil et en armes" à Combattant.

"Ca canardait de partout!"

Pendant plusieurs heures dans la soirée, "il y a eu des tirs d'armes automatiques (...) au camp militaire de l'aéroport. C'est confus, ça a eu lieu de nuit", a indiqué à l'AFP une source militaire française.

"A ce stade nous n'avons pas de conclusion sur ce qui s'est passé", a affirmé cette source, précisant qu'il n'y avait "pas eu de blessés côté français". "Ca canardait de partout", a résumé un autre soldat français.

Interrogé par l'AFP, un officier de la force africaine Misca a fait état de blessés au sein de cette force, sans donner d'autre précision.

"La situation est volatile depuis hier soir" et "pas simple", a simplement commenté un porte-parole de l'opération française Sangaris, parlant "d'évènements en cours".

L'aéroport Mpoko, dans le nord de la capitale centrafricaine, abrite les campements des militaires français de Sangaris (1.600 hommes) et les différents contingents de la Misca, déployés pour rétablir la sécurité en RCA. Des dizaines de déplacés --en majorité chrétiens-- fuyant les violences interreligieuses dans la ville vivent également sur place dans le plus grand désordre et une extrême précarité.

Depuis le 5 décembre, les massacres entre chrétiens et musulmans, la religion de la majorité des anciens rebelles, ont fait près d'un millier de morts dans le pays, selon un dernier bilan de l'organisation Amnesty international.

La plupart des victimes ont été tuées à Bangui dans des représailles de l'ex-rébellion Séléka (qui a pris le pouvoir en mars 2013), mais également en province dans les atrocités des milices d'autodéfense villageoises chrétiennes "anti-balaka" (anti-machettes), selon Amnesty.

Ces violences ont précipité l'intervention militaire de la France qui tente depuis lors de désarmer les belligérants et opère en appui à la Misca, forte de 3.700 militaires venus pour la plupart des pays voisins. Le Rwanda a déclaré vendredi qu'il s'apprêtait également à y participer.

La situation reste "complexe et volatile", avait prévenu jeudi soir l'état-major français. Les militaires de Sangaris ont constaté "une forme d'apaisement dans les tensions, mais un rien pourrait rallumer l'embrasement", mettait en garde Paris.

Ces nouveaux incidents interviennent alors que la France tente de mobiliser ses alliés européens pour venir l'aider, sur le terrain, dans sa difficile mission de rétablir la sécurité en Centrafrique.

Réunis en sommet à Bruxelles depuis jeudi, les dirigeants européens examinaient la possibilité de donner un "cadre européen" à l'opération française.

Le président François Hollande a exprimé à cette occasion son souhait de voir se concrétiser cette "présence européenne", face à des dirigeants européens visiblement bien peu enthousiastes.

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