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20/12/2013 07:38 EST | Actualisé 19/02/2014 05:12 EST

"Albator" à l'abordage des trentenaires nostalgiques

Une balafre, un bandeau sur l'oeil, une cape noire et une tête de mort sur la poitrine: icône d'une génération, Albator, le pirate de l'espace, passe au gran d écran dans un film en 3D qui va chatouiller la fibre nostalgique des 30/40 ans biberonnés à ce dessin animé culte des années 80.

"Albator, corsaire de l'espace", long métrage en images de synthèse, sortira mercredi en France, le jour de Noël et le 1er janvier en Italie.

Pour des milliers de trentenaires, parfois surnommés la "génération Albator", cette madeleine de Proust a le parfum d'une enfance dans les années 80, dont ce dessin animé japonais de science-fiction est l'un des emblèmes, comme "Goldorak", "Candy" ou "Ulysse 31".

Le pirate ténébreux et libertaire était alors le héros de deux séries successives, "Albator 78" puis "Albator 84".

"Albator 78 était le dessin animé le plus transgressif à l'époque", explique à l'AFP l'écrivain Jérôme Wicky, qui sortira en mars le livre "Albator, le corsaire de l'espace" (éditions Soleil).

"Il se déroulait dans le futur, en 2978, mais parlait en fait de l'époque contemporaine: la dictature des loisirs, l'absence d'idéal chez les humains, sauf les pirates de l'espace qui refusent de vivre dans un moule", souligne-t-il.

"Albator est un personnage fascinant car ambivalent", estime M. Wicky, qui est lui-même dans la tranche d'âge de cette "génération Albator".

A trente ans d'intervalle, le film "Albator, corsaire de l'espace", produit par les studios japonais Toei, conserve l'esprit de l'oeuvre originelle mais va plus loin encore dans le côté sombre du personnage, dont il dresse avec bonheur un portrait ambigü. Entré en rébellion contre un gouvernement intersidéral qui le traque sans relâche, cet Albator 2013 est un anti-héros maudit, spectral, aussi charismatique qu'inquiétant, aux motivations troubles et aux objectifs jusqu'au-boutistes.

'Visuellement sans précédent'

Visuellement, ce long métrage à gros budget est impressionnant, à des années lumière de l'animation rudimentaire des années 70/80. Ses images de synthèse rappellent les jeux vidéo les plus perfectionnés et font merveille pour les décors et les paysages.

La production ne se prive donc pas de mettre en avant les louanges d'un maître en la matière, le Canadien James Cameron, réalisateur d'"Avatar", selon qui "Albator" est "visuellement sans précédent".

Mais au cinéma, la technique n'est pas tout. Si la volonté de livrer un scénario profond est louable, l'histoire est complexe, parfois absconse, et certains développements de l'intrigue sont traités de manière trop elliptique.

Le film a reçu l'imprimatur du père d'Albator, Leiji Matsumoto, qui a créé le personnage ("Captain Harlock" en version originale) à la fin des années 60.

"Albator est mon plus fidèle et plus ancien ami. Il est mon alter ego dans sa détermination", assurait-il en 2011, en venant présenter la bande-annonce au Festival du film d'animation d'Annecy (centre-est de la France).

A bientôt 76 ans, Matsumoto est une légende vivante du manga et de l'animation japonaise.

"C'est dans la science-fiction qu'il s'est le plus fait remarquer; il en a même modifié le cours, même s'il sait faire bien d'autres choses", témoigne pour l'AFP à Tokyo le dessinateur japonais J.P. Nishi.

Au début des années 2000, deux célèbres enfants de la "génération Albator" avaient réalisé un rêve de gosse: les Daft Punk, qui avaient collaboré avec Matsumoto pour créer le dessin animé "Interstella 5555", sur la musique de leur album "Discovery" (2001).

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