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19/12/2013 12:20 EST | Actualisé 18/02/2014 05:12 EST

Turquie: le cerveau présumé du coup de force de 1997 remis en liberté

Un tribunal d'Ankara a ordonné jeudi la remise en liberté de l'ex-général Cevik Bir, considéré comme le cerveau du coup de force militaire qui avait chassé en 1997 le premier gouvernement pro-islamiste de Turquie, ont rapporté les médias turcs.

A l'époque chef d'état-major adjoint de l'armée turque, le général Bir, aujourd'hui à la retraite, avait été arrêté en avril 2012 avec 102 autres personnes pour avoir "renversé le gouvernement turc par la force".

Selon le quotidien Hürriyet, cet officier a été libéré en même temps que les cinq derniers accusés qui restaient encore en détention dans cette affaire, au motif qu'ils ne pouvaient plus s'opposer à la manifestation de la vérité et qu'ils faisaient l'objet d'une interdiction de quitter le territoire turc.

Le procès est toujours en cours.

L'armée avait obtenu le 28 février 1997 la chute de la coalition au pouvoir dirigée par le Premier ministre islamiste Necmettin Erbakan, mentor politique de l'actuel chef du gouvernement Recep Tayyip Erdogan.

Les militaires avaient ainsi organisé en février un défilé de chars dans les rues d'une banlieue de la banlieue d'Ankara et poursuivi leur bras de fer jusqu'à l'éclatement de la coalition au pouvoir, en juin.

A l'inverse des putschs qui l'ont précédée en 1960, 1971 et 1980, cette intervention de l'armée dans la sphère politique s'est déroulée sans violence.

Lui aussi accusé dans ce dossier, l'ancien patron de l'armée turque, le général Ismail Hakki Karadayi, a nié la semaine dernière devant ses juges toute participation à un coup d'Etat.

Depuis l'arrivée au pouvoir de son gouvernement islamo-conservateur, M. Erdogan a réduit l'influence des militaires dans la vie politique.

Des dizaines d'officiers d'active et à la retraite ont été condamnés depuis 2008 au terme de plusieurs procès pour des complots présumés dirigés contre le pouvoir.

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