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19/12/2013 06:41 EST | Actualisé 18/02/2014 05:12 EST

Syrie: le chef du front Al-Nosra rejette la conférence de paix

Le chef du Front Al-Nosra a rejeté par avance les résultats de la conférence de paix sur la Syrie, prévue en janvier en Suisse, dans une interview jeudi à Al-Jazeera, la première depuis la création de cette émanation d'Al-Qaïda en Syrie.

"Nous ne reconnaîtrons pas les résultats attendus de la conférence de Genève-2 (...), les participants ne représentant pas les gens qui se sont sacrifiés et ont versé leur sang" pour lutter contre le régime du président Bachar al-Assad, déclare Abou Mohammed al-Joulani dans des extraits de l'interview diffusés et mis en ligne sur le site de la chaîne du Qatar.

L'homme, dont le groupe est considéré en Occident comme une organisation terroriste, ajoute que les participants à la conférence de paix "n'ont aucune présence sur le terrain, et nous ne pouvons pas laisser le jeu de Genève-2 tromper la nation".

La conférence de paix, qui devait se tenir à l'origine à Genève, a été convoquée à l'initiative des Etats-Unis et de la Russie. Elle doit réunir le 22 janvier, finalement à Montreux en Suisse, régime et opposition autour d'une même table pour tenter de trouver une issue au conflit qui a fait plus de 126.000 morts depuis mars 2011.

Le chef du front Al-Nosra, en rivalité avec l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), un autre groupe islamiste extrémiste très actif en Syrie, indique militer pour un Etat islamique en Syrie, à instaurer "en consultation" avec les autres formations islamistes opérant dans le pays.

Abou Mohammed al-Joulani, dont c'est la première interview télévisée, apparaît de dos selon les séquences diffusées par Al-Jazeera qui a indiqué qu'il avait demandé à "cacher son visage pour des raisons de sécurité".

Le journaliste Tayseer Allouni, qui a mené l'interview, indique avoir été soumis à de strictes mesures de sécurité pour rencontrer le chef du Front al-Nosra dans un endroit non précisé en Syrie.

Il précise sur le site internet d'Al-Jazeera que ces mesures étaient "de loin plus strictes que celles prises par l'équipe de sécurité de (Oussama) ben Laden", l'ancien chef d'Al-Qaïda, lors de l'interview qu'il lui avait accordée en 2001.

bur/tm/sw