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19/12/2013 08:49 EST | Actualisé 18/02/2014 05:12 EST

Soudan du Sud: les belligérants commettent des tueries ethniques (HRW)

Les forces qui s'affrontent au Soudan du Sud se livrent à des exécutions sur des bases ethniques, a rapporté jeudi Human Rights Watch (HRW), alors qu'augmentent les craintes de voir le pays basculer dans la guerre civile.

Des combats ont opposé entre dimanche et mardi des factions rivales de l'armée sud-soudanaises à Juba, faisant environ 500 morts selon l'ONU, et se sont propragés au moins à la ville de Bor, à 200 km au nord de la capitale.

"Des soldats à Juba ont demandé l'ethnie d'individus avant de les tuer ou de les relâcher, les identifiant parfois à partir de leurs scarifications sur le visage", a affirmé, dans un communiqué, HRW s'appuyant sur des témoignages.

De nombreux Sud-Soudanais portent des scarifications traditionnelles, propres à chaque communauté, sur le visage ou le corps.

Selon les autorités, les combats ont été provoqués par une tentative de coup d'Etat de l'ancien vice-président Riek Machar contre son rival, le président Salva Kiir. M. Machar, limogé en juillet, a nié, affirmant qu'il s'agissait d'un prétexte du président Kiir pour se débarasser de ceux contestant son autorité.

"Des soldats gouvernementaux (...) et la police ont interrogé des habitants à propos de leur identité ethnique et délibérement abattu les Nuer", l'ethnie de M. Machar, selon HRW qui cite des témoins et des victimes.

Certaines informations "indiquent que des Dinka (l'ethnie du président Kiir) ont pu être visés par des soldats Nuer à Juba et dans la localité de Bor", tombée mercredi, selon l'armée, aux mains de troupes fidèles à M. Machar, poursuit HRW.

Les autorités sud-soudanaises répètent à l'envi que les affrontements sont politiques et non ethniques, mais HRW fait état de multiples cas de civils assassinés sur la seule base de leur appartenance tribale.

Le directeur de HRW pour l'Afrique, Daniel Bekele, s'est dit "très inquiet que les attaques fondées sur l'ethnie par toutes les parties ne débouchent sur des représailles et sur plus de violence".

Une habitante de Juba a indiqué à HRW avoir vu des hommes armés, tant Dinka que Nuer, "passant de maisons en maisons, apparemment à la recherche de membres de l'autre ethnie".

Un homme a raconté avoir vu des soldats tuer sept Nuer se cachant dans une habitation du quartier de Gudele dans l'ouest de la capitale.

Des civils ont également été tués dans des tirs croisés et des habitants ont rapporté deux cas de victimes écrasées par des tanks qui avaient pénétré dans leurs maisons.

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