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19/12/2013 11:06 EST | Actualisé 18/02/2014 05:12 EST

Poutine considère l'espionnage pratiqué par Washington comme une "nécessité"

Le président russe, Vladimir Poutine, a estimé jeudi que l'espionnage pratiqué par les Etats-Unis était une nécessité pour lutter contre le terrorisme, et exprimé son admiration pour l'ex-consultant de l'Agence de renseignement américaine (NSA) Edward Snowden.

S'exprimant au cours de sa conférence de presse annuelle, M. Poutine a déclaré que les services secrets russes n'avaient jamais interrogé Edward Snowden sur les activités de la CIA et de la NSA dirigées contre Moscou et que lui-même n'avait jamais rencontré l'ex-consultant réfugié en Russie.

"Nous ne travaillons pas avec lui et ne l'avons jamais fait. Et nous ne lui posons pas de questions sur ce que faisaient les services pour lesquels il a travaillé en ce qui concerne la Russie", a déclaré M. Poutine.

"Je ne le connais pas personnellement, je ne l'ai jamais rencontré, mais je ne cache pas que c'est quelqu'un d'intéressant", a-t-il ajouté.

M. Poutine a souligné qu'il "enviait" le président américain Barack Obama en dépit des multiples critiques dont les Etats-Unis sont l'objet depuis la révélation par M. Snowden de l'ampleur du système de surveillance américain dans le monde.

"Quelles que soient les critiques auxquelles s'exposent nos amis américains, je pense que tout ce travail est effectué en priorité pour lutter contre le terrorisme", a-t-il dit, soulignant que l'espionnage était "une nécessité".

"Il ne s'agit pas seulement de suivre un terroriste présumé, mais tout son réseau de contacts, cela est presque impossible en espionnant seulement un suspect", a estimé M. Poutine.

"L'espionnage est l'un des plus vieux métiers", a ajouté le président russe, un ex-agent du KGB, suscitant les rires de la salle où se trouvaient plusieurs centaines de journalistes.

"Je ne défends personne, mais pour être franc, tout cela est fait pour lutter contre le terrorisme", a encore dit M. Poutine.

Arrivé fin juin en Russie, où il a obtenu l'asile provisoire le 1er août, Edward Snowden a livré à la presse des dizaines de milliers de documents détaillant l'ampleur des interceptions de communications, téléphoniques ou sur internet, opérées par la NSA, déclenchant un scandale international.

Cet homme âgé de 30 ans n'a fait aucune apparition publique depuis qu'il a obtenu l'asile en Russie. L'avocat Anatoli Koutcherena, qui lui sert de porte-parole, a expliqué que M. Snowden était en danger et que des gardes du corps devaient assurer sa sécurité.

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