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19/12/2013 12:52 EST | Actualisé 18/02/2014 05:12 EST

L'ONU note des disparitions systématiques en Syrie

GENÈVE - Le gouvernement syrien commet des crimes contre l'humanité en organisant la disparition d'individus et les insurgés ont eux aussi commencé à orchestrer de telles disparitions, a affirmé jeudi un comité des Nations unies.

Le comité dit avoir noté un phénomène «constant, à l'échelle du pays», qui voit les forces de l'ordre syriennes, les soldats et les milices pro-gouvernementales arrêter des gens dans la rue, chez eux, à des points de contrôle ou même à l'hôpital, avant de les faire disparaître et même de nier qu'ils aient jamais existé.

La plupart des victimes sont des jeunes hommes.

Ces disparitions s'inscrivent dans le cadre «d'une campagne élargie de terreur contre la population civile» et représentent des crimes contre l'humanité, affirme le comité onusien présidé par le diplomate et chercheur brésilien Paulo Sergio Pinheiro.

Le comité a demandé des explications au gouvernement syrien et appelé les deux parties à mettre fin à cette pratique.

Le comité de l'ONU ne souhaite pas quantifier le problème, mais il affirme que les informations reçues «donnent à peine un aperçu de l'ampleur de la crise (...) et de la peur dans laquelle vivent les citoyens ordinaires». Le comité mentionne le cas d'une femme de 60 ans emprisonnée à Homs pour avoir posé des questions au sujet de son fils disparu et l'enlèvement du frère d'un militant pacifique.

Un transfuge de l'armée de l'air a révélé avoir reçu ordre de ne fournir aucun détail au sujet des détenus et de ne pas s'adresser à leurs proches, poursuit le rapport.

Les quatre experts ajoutent que des groupes rebelles comme État islamique en Irak et au Levant, qui contrôlent de vastes secteurs du nord de la Syrie, ont eux aussi commencé à enlever des gens et à gérer des prisons secrètes.

Toutefois, l'enlèvement de militants des droits de la personne, de journalistes, d'activistes, de travailleurs humanitaires, de leaders religieux et de partisans du régime Assad se traduit normalement par des demandes de rançon ou des échanges de prisonniers, et leur existence n'est pas camouflée. Les insurgés auraient récemment commencé à imiter le gouvernement en faisant disparaître leurs ennemis.

Pour sa part, Amnesty International a accusé jeudi État islamique en Irak et au Levant de posséder dans le nord de la Syrie des prisons secrètes où la torture et les exécutions seraient monnaie courante. Des enfants âgés de seulement huit ans seraient détenus en compagnie d'adultes dans sept centres de détention gérés par le groupe.

Plusieurs personnes auraient été incarcérées pour avoir contesté l'autorité du groupe ou pour avoir «commis des crimes contre l'Islam».