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19/12/2013 08:41 EST | Actualisé 18/02/2014 05:12 EST

La Bolivie accuse les Etats-Unis d'avoir orchestré la fuite d'un homme d'affaires américain

Le gouvernement bolivien a accusé les Etats-Unis d'avoir organisé la sortie clandestine du pays de l'homme d'affaires américain Jacob Ostreicher, détenu pendant 18 mois sans procès en Bolivie sous des accusations de blanchiment d'argent.

"M. Ostreicher a quitté illégalement notre pays à la faveur d'une opération organisée par un groupe d'élite, avec le soutien" du gouvernement des Etats-Unis, a affirmé mercredi soir le ministre bolivien de l'Intérieur Carlos Romero.

Selon le gouvernement bolivien, relayant des informations des services d'immigration péruviens, l'homme d'affaires de 54 ans "a fui clandestinement de Bolivie vers le Pérou puis de ce pays vers les Etats-Unis" par avion. Un porte-parole du département d'Etat américain a confirmé mardi l'arrivée du fugitif la veille aux Etats-Unis.

M. Romero a affirmé que M. Ostreicher avait quitté la Bolivie sans se soumettre au contrôle des services d'immigration. Au Pérou, il a été autorisé à sortir du pays "sans être enregistré légalement à l'aéroport Jorge Chavez de Lima", a ajouté le ministre.

Les accusations des autorités boliviennes visant Washington s'appuient notamment sur un dernier appel téléphonique passé juste avant son départ par M. Ostreicher à un interprète de l'ambassade américaine à La Paz.

M. Romero a également affirmé qu'il suspectait des agents de la CIA d'avoir monté un "groupe d'élite" pour organiser la fuite de l'homme d'affaires, sans fournir plus de détails.

A Washington, le Département d'Etat a rejeté toute implication dans la fuite de M. Ostreicher vers le Pérou.

"Nous n'avons pas été impliqués dans son départ de Bolivie", a assuré la porte-parole Marie Harf, reconnaissant toutefois que les services consulaires américains au Pérou avaient ensuite aidé M. Ostreicher à "revenir aux Etats-Unis".

Cet Américain, soupçonné de blanchiment d'argent provenant du trafic de drogue, avait été arrêté en 2011 mais n'a jamais été inculpé. Il a passé 18 mois en prison, et depuis sa libération en décembre 2012 il était maintenu en résidence surveillée, avec interdiction de quitter le pays.

Il avait affirmé en 2012 être victime d'un réseau de fonctionnaires qui tentaient de lui extorquer de l'argent en échange de sa liberté.

L'affaire a déclenché une polémique en Bolivie, où le gouvernement lui-même a admis qu'il existait un réseau de magistrats qui ont extorqué de l'argent non seulement à l'Américain, mais aussi à des opposants et à des criminels.

En juin 2012, le gouvernement américain avait protesté contre la lenteur de la procédure visant l'homme d'affaires, qui avait reçu notamment le soutien de l'acteur américain Sean Penn.

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