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19/12/2013 09:56 EST | Actualisé 18/02/2014 05:12 EST

Iran: légère embellie économique depuis l'accord sur le nucléaire (banques)

Les bienfaits économiques de l'accord intérimaire conclu entre l'Iran et les grandes puissances sont "déjà visibles" dans le pays même s'ils restent modestes, a indiqué jeudi le groupement des plus grandes banques du globe.

L'accord du 24 novembre, qui a ouvert une période de six mois d'allègement des sanctions internationales, n'apportera qu'un "soulagement limité" à l'économie iranienne, selon le rapport de l'Institut de la finance internationale (IIF), qui représente plus de 450 banques internationales.

"Certains de ces effets sont déjà visibles", assure toutefois l'organisation dont le siège est à Washington, tout en ajoutant qu'il faudra encore un "certain temps" avant que les grandes banques ne retournent en Iran.

Selon l'IIF, le marché boursier en Iran a ainsi connu "une forme de rebond" tandis que l'inflation, qui frôle les 40% sur un an, a baissé.

Le cours du rial, la monnaie iranienne, s'est par ailleurs repris vis-à-vis du dollar sur le marché noir, souligne le rapport de l'Institut, selon qui cette embellie pourrait avoir des effets politiques.

"A un moment donné, l'amélioration du contexte économique pourrait renforcer la position politique du président (iranien Hassan) Rohani et lui donner davantage de marge de manoeuvre", estime le rapport.

Selon l'IIF, la situation économique pourrait toutefois rapidement se dégrader en Iran en cas d'échec des négociations à l'issue des six mois où le régime de Téhéran devra avoir fait la preuve de sa transparence sur son programme nucléaire.

Dans un tel scénario, l'économie iranienne devrait se contracter de plus de 7% au cours des deux prochaines années.

"Les graves conséquences économiques et sociales d'une telle situation pourraient faire peser des menaces sérieuses sur la continuité de l'ordre politique", assure l'Institut.

A l'inverse, la conclusion d'un accord final avec la communauté internationale permettrait à l'Iran de renouer avec la croissance dès 2014, avec un taux de croissance attendu de 3,7%, selon l'Institut.

Dans un tel scénario, les exportations de pétrole iranien pourraient également retrouver dès la "fin 2016" le niveau auquel elles se situaient avant que la communauté internationale n'impose ses sanctions.

Aux termes de l'accord du 24 novembre, Téhéran s'est engagé à ne plus enrichir de l'uranium au-delà de 3,5% ou 5%. Son stock d'uranium enrichi à 20% sera neutralisé.

Les discussions entre les experts des puissances du groupe "5+1" (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) et de l'Iran reprenaient jeudi à Genève et doivent se poursuivre vendredi.

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