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19/12/2013 10:13 EST | Actualisé 18/02/2014 05:12 EST

Hollande appelle l'Europe à soutenir financièrement les opérations militaires de la France

Le président français François Hollande a appelé l'Europe à soutenir financièrement les opérations militaires françaises en Afrique, à son arrivée jeudi au sommet européen de Bruxelles.

Se félicitant d'avoir reçu l'appui de "la quasi totalité" des gouvernements européens aux opérations de la France au Mali ou en Centrafrique, le chef de l'Etat a ajouté devant la presse : "les financements doivent suivre également ces soutiens politiques".

"La France en a pris l'initiative avec les Nations unies, il est légitime que l'Europe vienne en soutien, ce qu'elle fait" déjà avec une aide logistique, a-t-il insisté.

La France va tenter de convaincre jeudi et vendredi à Bruxelles ses partenaires de créer un fonds européen destiné à financer les interventions d'urgence dans les pays en crise.

A elle seule, l'opération Serval, déclenchée le 11 janvier 2013 au Mali, coûte 650 millions d'euros aux finances publiques françaises, toujours dans le rouge.

"L'Europe fait beaucoup, mais elle le fait ponctuellement. Il faudrait un fonds européen permanent, pas un fonds par opération", avait plaidé une semaine plus tôt François Hollande au cours d'une visite au Brésil.

Seules les opérations réalisées sous la bannière de l'Union européenne en bénéficieraient, reconnaissait-on cependant à Paris à la veille du sommet. Ainsi, ni Serval, ni Sangaris, déclenchée le 5 décembre en Centrafrique, "ne seraient concernées en l'état", concédait-on.

Quant au montant du fonds et à son calendrier, ils restent à fixer même si Paris souhaiterait une mise en oeuvre "par exemple à la fin du premier semestre".

Evoquant plus largement le "grand sujet" du sommet européen de jeudi et vendredi, l'Europe de la défense, le président Hollande a souligné à son arrivée à Bruxelles que la France avait "toujours voulu qu'elle connaisse des progrès".

"Aujourd'hui, nous pouvons avoir un certain nombre de résultats, notamment sur l'industrie de défense qui doit davantage coopérer et sur les matériels", a-t-il estimé, évoquant "le drone de nouvelle génération qui pourrait être justement l'une des réalisations de l'Europe".

Les dirigeants de l'UE devraient décider de coopérer dans ce domaine des drones et dans ceux du ravitaillement en vol ou de la cyberdéfense. Quant à la France, elle attend aussi, selon son ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, "des avancées significatives" dans ceux du transport tactique et stratégique, de la sécurité maritime et du renforcement du contrôle des frontières au Sahel.

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