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19/12/2013 08:33 EST | Actualisé 18/02/2014 05:12 EST

France : le Parlement vote définitivement le budget 2014 marqué par les polémiques fiscales

Le Parlement français a conclu jeudi le marathon budgétaire avec un ultime vote de l'Assemblée nationale sur le budget 2014, après des mois de polémique sur un "ras-le-bol" et l'annonce d'une réforme fiscale associée à une amplification des économies.

Le deuxième budget adopté sous la présidence du socialiste François Hollande (qui a commencé en mai 2012), rejeté par le Sénat, a été adopté par l'Assemblée (la chambre basse) en dépit de l'opposition de la gauche radicale.

Le texte doit encore être validé par le Conseil constitutionnel avant la fin de l'année.

Se fondant sur une hypothèse de croissance de 0,9%, le budget 2014 poursuit la réduction du déficit public, de 4,1 à 3,6% du PIB, un objectif validé par la Commission européenne qui avait accordé au printemps à Paris un délai de deux ans pour ramener son déficit sous les 3%.

Prioritaires, l'emploi, l'éducation ou la sécurité voient leurs moyens augmenter.

Le vote du budget survient un mois après l'annonce surprise par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault d'une réforme fiscale.

Dans les faits, les ménages subiront une nouvelle ponction en 2014. Le débat sur la fiscalité, devenu "quasi-irrationnel" selon le rapporteur du Budget, le socialiste Christian Eckert, a contraint le gouvernement à plusieurs reculs, dont l'emblématique suspension sine die de l'écotaxe (taxe sur les poids lourds) combattue par le mouvement de contestation dit des "bonnets rouges".

Face à la grogne de l'électorat, les députés socialistes ont, à quelques mois de municipales (mars) à risque, également mis sous pression l'exécutif pour un geste accru en faveur du pouvoir d'achat.

Ils ont en partie obtenu gain de cause à travers la hausse du seuil du revenu fiscal de référence (dont dépendent les exonérations d'impôts locaux ou de la redevance audiovisuelle) ou le maintien de réductions d'impôts pour les enfants scolarisés.

Après avoir menacé de quitter la majorité gouvernementale à la suite du refus du gouvernement de modifier la taxation du diesel, les écologistes sont rentrés dans le rang : ils ont en effet réussi à avoir une "contribution climat énergie" appelée à monter en puissance et une baisse de la taxe sur la rénovation thermique.

La droite a dénoncé à l'envi des économies "artificielles" et un "matraquage fiscal" pénalisant surtout les classes moyennes et les familles.

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